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Les départs à la Tom Vialle reste d'actualité en MXGP aussi...

Interview : Tom Vialle se confie

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Les départs à la Tom Vialle reste d’actualité en MXGP aussi…

Présent la semaine dernière sur un événement Fox Racing auquel participait notre cascadeur préféré Antoine, Tom Vialle a du coup accepté de répondre à quelques questions, avant son retour en course en Italie. Ce week-end, c’est au Portugal qu’on retrouvera le Français du HRC. « L’Italie était une course difficile pour faire mon retour, simplement parce que le rythme de course était intense en permanence. Il n’y a jamais eu un moment pour souffler ou se relâcher, donc c’était compliqué, mais dans l’ensemble c’était une bonne expérience et je suis content de l’avoir faite pour retrouver les sensations de la compétition. J’ai déjà gagné au Portugal, donc je sais que je peux être rapide ici, et je pense que si je peux prendre deux bons départs, je serai capable de tenir le rythme et de faire encore mieux qu’en Italie. » a-t-il d’ailleurs déclaré dans le communiqué de presse officiel Honda. Mais intéressons-nous pour l’instant à ce qu’il a dit à Antoine :

On ne va pas refaire l’histoire depuis le départ, mais revenons sur ce choix de passer directement du 85 au 250F. C’était un choix de ta part ou celui de ton entourage ?
Tom Vialle :
Non, c’est vrai que je suis passé directement du 85 au 250F mais ce n’était pas mon choix. J’avais 13/14 ans, donc à cet âge-là on ne pense pas vraiment à ce genre de décisions. C’était surtout une décision de mon père, de mes parents, de ma famille. J’ai roulé quelques semaines en 125, même pas un mois, puis je suis directement passé en 250. Mon père pensait qu’il y avait beaucoup de différences entre les deux motos, notamment au niveau du moteur. Et surtout, il trouvait qu’avec mon pilotage, il fallait vraiment beaucoup attaquer pour être devant en 125 alors qu’en 250 c’était un peu l’inverse. Il a pris cette décision et il m’a fallu du temps pour m’adapter. À 14 ans, il n’y a pas beaucoup de pilotes qui roulent déjà en 250. On a pris ça tranquillement au début et ça s’est construit progressivement.

Le gap n’était pas trop dur au niveau physique et de l’intensité des courses ?
Tom Vialle :
J’ai pris le temps. On a pris deux ans pour construire tout ça. La deuxième année, je roulais déjà en Elite, mais on a vraiment géré la progression sans brûler les étapes.

On se souvient des saisons MX2 disputées face à Jago Geerts. Est-ce que la dernière année, où tu décroches le titre de peu, conditionnait déjà ton départ pour les États-Unis ?
Tom Vialle : Non, l’objectif c’était vraiment de décrocher le titre. Mais le départ aux États-Unis était déjà acté. En 2022, au milieu de saison, tout était signé, tout était bouclé, que je gagne ou pas. Donc sur les cinq dernières courses, j’étais uniquement concentré sur le championnat.

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Déjà une victoire en MXGP, en Suisse, pour le rookie.

Dans le podcast qu’on avait enregistré avec ton père (à écouter ici), Fred expliquait qu’à ton arrivée chez Aldon Baker, malgré tes deux titres, ils te considéraient encore comme un amateur. Ça n’a pas été trop difficile de faire ta place ?
Tom Vialle :
Exactement. Je suis arrivé aux États-Unis et j’étais intégré au programme amateur KTM. On roulait sur les mêmes circuits que les 450, mais toujours après eux. En fait, je ne me suis jamais entraîné directement avec Baker, j’étais avec Mike Brown et j’ai beaucoup aimé sa façon de travailler. Mais oui, tant que tu ne gagnes pas aux États-Unis, ils te considèrent comme si tu n’avais encore rien fait. Mentalement ce n’était pas facile, surtout que j’étais jeune. En Europe, j’étais installé chez KTM, j’avais tout autour de moi. Là-bas, je suis arrivé et j’étais le dernier de la classe. La première année n’a pas été simple.

Tu avais quand même tes parents et ton frère Nathan sur place. Vous êtes restés en clan ou tu as réussi à te mélanger avec les autres ?
Tom Vialle : On est restés surtout ensemble. On vivait en Floride comme beaucoup de pilotes, alors que le team était basé en Californie. Au début, on ne connaissait personne. Partir vivre dans un autre pays sans réseau, ce n’est pas évident. Socialement, la première année a été compliquée. Tu perds tes habitudes, tes amis, les moments simples. Ce n’était pas facile au départ.

Tu es arrivé au moment où le format SMX venait d’être créé. Entre le MXGP et le système américain, lequel est le plus exigeant physiquement et mentalement ?
Tom Vialle : Honnêtement, en 250 ce n’est pas si chargé que ça. On fait dix Supercross, dix Motocross, plus le SMX donc environ 23 courses. En Europe, entre les Grands Prix, les courses de préparation et le reste, on roulait parfois encore plus. Donc finalement, ça allait plutôt bien.

Le titre SX250 s’est joué de peu. Qu’est-ce qui s’est passé dans ton casque quand tu as vu Seth Hammaker et RJ Hampshire partir à la faute ?
Tom Vialle :
C’était complètement fou. Je savais qu’ils allaient tenter quelque chose, surtout Hampshire qui est connu pour ça depuis des années. Je roulais devant au début, puis ils m’ont passé. Je les voyais se suivre de très près. Et d’un coup j’ai entendu le public exploser. Je me suis dit qu’il s’était passé quelque chose. Mais voir les deux tomber ensemble, c’était incroyable. Je suis arrivé juste derrière eux, j’ai pris l’intérieur et il restait encore cinq tours à tenir avec Hammaker derrière. Franchement, c’était un moment incroyable.

En AMA Pro Motocross, on s’attend souvent à voir les Européens rouler plus devant. Qu’est-ce qui t’a manqué pour aller chercher le titre ?
Tom Vialle : J’ai quand même fini vice-champion. Mais je suis tombé sur deux années où Haiden Deegan roulait extrêmement fort. En motocross, pour moi, c’était clairement le plus rapide. Et puis il y a une grosse différence avec l’Europe : il y a beaucoup plus de motos capables de gagner. En Europe, je partais souvent devant. Là-bas, tu peux partir dixième et il y a encore énormément de niveau devant toi. Beaucoup de pilotes européens ont essayé avant moi et ce n’est jamais simple.

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Les MXGP de France ne sont pas les plus simples à gérer pour Tom.

Tu as roulé avec Haiden Deegan. Il est vraiment comme ça ou c’est juste un personnage ?
Tom Vialle :
Franchement, c’est surtout un personnage. C’est leur business. Son père a construit cette image et ils gagnent énormément avec YouTube et tout ce qui tourne autour. Mais personnellement, je n’ai jamais eu de problème avec eux. Ils ont toujours été très sympas avec moi.

Toi à l’inverse, tu gardes toujours ce tempérament très calme. D’où ça vient ?
Tom Vialle :
Je pense que je tiens plus ça de ma mère. J’essaie toujours de rester calme. Je n’aime pas forcément trop me mélanger quand il y a énormément de monde. Les Grands Prix de France par exemple, ce n’est pas toujours ce qu’il y a de plus simple pour moi. Mais dans les moments de pression, ça aide beaucoup d’avoir ce caractère-là.

Quand Honda t’a proposé de revenir en Europe, tu ne pouvais pas vraiment refuser. Comment les Américains ont réagi alors que tu étais champion sortant ?
Tom Vialle : Honnêtement, je n’ai pas trop regardé les réactions. J’allais passer en 450 donc je ne pense pas qu’ils l’aient pris comme quelque chose d’important. Je pense qu’ils s’en fichent un peu finalement.

Comment s’est passé le retour en Europe ? Entre la vie quotidienne et l’adaptation à une nouvelle moto après toute une carrière pro chez KTM ?
Tom Vialle : Finalement, ça a été beaucoup plus simple que mon arrivée aux États-Unis. J’ai vécu plus de vingt ans en Europe, donc revenir ici, ça s’est fait naturellement. Après oui, il y avait énormément de changements : le lieu de vie, la moto, le team… mais tout s’est très bien passé.

On t’a vu immédiatement à l’aise cette saison. Tu t’y attendais ?
Tom Vialle :
Oui et non. L’objectif c’était d’être devant mais c’est vrai que ça s’est mis en place assez vite. J’ai fait un très bon hiver, j’ai trouvé de bonnes sensations rapidement et les cinq premiers Grands Prix ont été vraiment positifs. Je me sens bien sur la moto et c’est très encourageant pour le futur.

Le retour à l’entraînement avec Jeffrey Herlings, ça n’a pas trop changé ?
Tom Vialle :
Non, quasiment pareil. Maintenant on roule dans la même catégorie donc c’est cool. On a roulé pas mal ensemble cet hiver. On a été coéquipiers pendant quatre ans, donc c’est sympa de retrouver ça.

Et avec Ruben, qu’on a vu agressif avec toi, il y a une bonne ambiance aussi ?
Tom Vialle : Oui, ça se passe bien. Bien sûr, chacun garde ses objectifs mais il n’y a aucun souci. On se parle souvent et l’ambiance est bonne.

Giacomo Gariboldi est content de sa recrue.

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