Comment progresser en Motocross ? Voici une question d’une complexité et d’une simplicité extrêmes à la fois, mais qui revient régulièrement dans les discussions de paddock. Souvent, on me demande, comme j’ai la chance d’essayer plein de motos et de pièces, qu’est-ce qui marche le mieux ? Et justement, la première erreur est là : s’occuper du matériel avant de s’occuper de soi.
Ceci dit, commençons par le matériel, histoire d’évacuer le truc tout de suite. Déjà, commençons par le commencement : pour 99% des pilotes loisirs/ligues, acheter une 450 est une hérésie. Ces motos, même si elles vont effectivement avec les années vers plus de facilité, restent « trop » pour la plupart des pilotes non-professionnels. Trop puissantes, trop lourdes, trop d’inertie, trop d’électronique… OK, je peux comprendre certains qui aiment faire le plein de sensations quand ils ouvrent en grand sur la ligne droite de leur spot local, mais combien de temps ça dure ? Acheter plus petit, comme une 250F, ou même une 250 ou une 125 2T, permet de rouler plus longtemps, avec plus de confiance et, dans la plupart des cas, plus vite. Car non, tout le monde n’est pas Jett Lawrence… Ces 450 sont des monstres d’efficacité qui permettent de rouler en MXGP en version stock, ou presque. La « production rule » mise en place aux USA en 1986 a obligé les constructeurs à produire des motos très performantes de série, puisque les motos d’usine ont été bannies Voilà pourquoi on se retrouve aujourd’hui avec des dragsters impossible à exploiter pour le pilote lamba.
Inutile, donc, de chercher à mettre un pot, une culasse ou un ECU spécial sur votre 450. Pour résumer, t’occupe pas de la marque du vélo, pédale !
A la rigueur, une préparation suspension à votre poids et, surtout, un bon entretien. Il en va d’ailleurs de même pour les autres cylindrées. A part ça, économiser l’argent pour mettre de l’essence, et allez rouler. Car même si c’est enfoncer une porte ouverte, la clé pour progresser en Motocross, c’est de rouler le plus possible. Pas d’aller courir, de faire du cross-fit ou de la natation. Bouffer de la moto, dès que possible, dans toutes les conditions, et en changeant régulièrement de terrain si possible. Mais avant cela, encore faut-il avoir les bonnes attitudes, les bons gestes.
Pour ça, pas le choix : ça passe par l’apprentissage à travers des stages de pilotage. Les moniteurs brevetés d’état sont désormais légion, dans toute la France, et bien formés. Renseignez-vous pour en trouver un près de chez vous. Adoptez le plus tôt possible les bonnes habitudes permettra de progresser beaucoup plus facilement, et avec beaucoup plus de sécurité. Encore une fois, une réalité évidente, mais pas tant que ça quand on se rend sur un circuit de « week-end warriors » où les pilotes sont assis dans les trous, au milieu de selle dans les virages… Les exemples sont innombrables. Un coach diplômé installera tout de suite les bonnes habitudes, et charge à chacun ensuite de les développer grâce à la répétition. Les pilotes les plus techniques sont ceux qui ont le plus aligné d’heures petits, il n’y a pas de secret à cela.
Bref, voilà, on a enfoncé quelques portes ouvertes, mais c’est parfois nécessaire. L’excuse du matériel ne fonctionne pas bien en MX. Ce qui compte, c’est de travailler sur soi. Ensuite, arrivé à un certain niveau, il faut passer à l’entraînement physique. On y reviendra dans une partie 2. Pour l’instant, allez rouler.
Par Rich’.