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SX US 2026 : Salt Lake City vu du canapé

“Vu du Canapé, Salt Lake City 2026 » est présenté par Kutvek Kit Graphik, qui propose une large gamme de kits déco pour Motocross, Quad, SSV, Moto et Scooter. Le produit a été perfectionné dans le but de répondre aux attentes les plus exigeantes des pilotes. Kutvek offre la possibilité de personnaliser son kit déco partiellement ou totalement.”

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Salt Lake City, round 17 sur 17. La finale, quoi. Qui revêt cette année une importance toute particulière, puisque nos deux leaders Ken Roczen et Hunter Lawrence ne sont séparés que d’un point avant la course. En gros, celui qui termine devant l’autre prend le championnat, la ligne dans le palmarès de l’histoire du SX US et les millions qui vont avec. L’autre, pas grand-chose, dans la mesure où peu se souviendront du contexte dans dix ans. Peut-être même bien moins, tant les générations ont de plus en plus la mémoire courte.

En plus, inutile de rappeler, même si on va le faire quand même, à quel point l’histoire est belle. Ken Roczen, à 32 ans, est le pilote ayant gagné le plus de finales sans avoir gagné un titre. On se souvient qu’il aurait sûrement dû en empiler quelques-uns, sans ses deux horribles crashs et fractures qui auraient pu se transformer en amputation. Résultat, plus personne ne voulait de lui il y a trois ans, l’obligeant à signer avec un team en bois de cagettes (à l’époque), avec une Suzuki à kick déjà obsolète. Quand il a gagné sa première finale avec cette moto, tout le monde s’est réjoui de ce dernier baroud d’honneur, sans voir plus loin. Après tout, la génération suivante tapait déjà à la porte, et Kenny n’avait plus rien gagné depuis si longtemps… Difficile, donc, de le placer dans les pronostics d’avant-saison.


De l’autre côté du ring, Hunter Lawrence. Frère de. Crash test dummy officiel pour son frère, Hunter a passé ses deux premières années de SX plus souvent à l’hôpital que sur la moto. Nombre de médias US pensaient qu’il était surcoté, juste là grâce à son frère. Sauf que, de l’aveu de son père, c’est tout le contraire : Jett n’a fait que bénéficier des erreurs et tribulations d’Hunter, pour devenir ce qu’il est aujourd’hui : un génie du pilotage. Hunter, lui, n’était donc supposé être qu’un faire-valoir, capable de rentrer dans le top 5 de temps en temps. Mais ça ne marche pas comme ça. Bosseur, intelligent, bien entouré tant au niveau familial que professionnel, Hunter s’est construit petit à petit une carrière bien solide : champion SX et MX 250, vice-champion SMX, vice-champion 450 MX, vainqueur du MX des Nations… Bref, vous avez compris le topo. Pas de quoi, quand même, le placer parmi les favoris au titre SX 450, lui qui n’avait jamais gagné une finale avant cette année. Et pourtant…

Après sa démonstration de la semaine dernière, j’aurais plutôt donné Hunter vainqueur de cette finale de Salt Lake City : départs au point, technique sur le dur au top… D’autant que la piste était presque la même, avec juste des whoops plus difficiles et une partie sable plus dure à lire.
Présents tous les deux dans la même heat race, la situation a tourné tout de suite à l’avantage d’Hunter. Holeshot, pas de faute derrière, et le voilà qui s’impose facilement. Deuxième un peu décroché, le temps de doubler Justin Barcia, Kenny va même seul à la faute et ne termine que quatrième. Avantage Lawrence.

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Un dépassement à plus d’un million de $ !

Hunter a donc la meilleure place pour la finale, tandis que Kenny tente un truc : se mettre pas mal vers l’extérieur. Un choix hautement risqué, surtout s’il loupe sa sortie de grille. Mais fort d’un nouveau moteur testé cet hiver et abandonné car trop puissant, ressorti à la hâte cette semaine et ajusté avec Twisted Development, Kenny va réussir son pari : être au contact d’Hunter au premier virage. L’Australien a quand même fait le boulot, en réalisant le holeshot. Les deux rivaux sont au coude à coude dès le premier enchaînement, et Ken Roczen parvient, dès le deuxième virage, à faire le dépassement de sa carrière, en allant block-passer (gentiment) Hunter et prendre la tête. Un coup de génie. Parce qu’il est difficile d’imaginer que la course se serait passée pareil avec Hunter devant, en contrôle. Kenny, devant, a bien tenté de partir, mais Hunter a répondu à chaque fois en restant tout près. Le plan de l’Australien était limpide, et plutôt malin : laisser passer l’orage et profiter de son physique en béton pour attaquer en fin de course. Une stratégie hélas mise à mal par un élément imprévu : une KTM #26 pilotée par Jorge Prado.

Intenable dans les whoops, notamment, l’Espagnol s’est en effet rapproché d’Hunter, assez pour le perturber et lui faire peur. Jorge n’a pas été irrespectueux ou dirty, mais a suffisamment installé le doute dans la tête d’Hunter pour que ce dernier fasse une première erreur, en sortant de la piste. Puis une autre, décisive, quand il perd l’avant et chute. Juste comme ça, le championnat est plié, alors qu’on pensait bien avoir une belle bataille jusque dans les derniers tours.

Bravo, en tout cas, aux deux pilotes, aussi généreux sur la piste que respectueux l’un de l’autre en dehors. Hunter Lawrence, notamment, est à saluer pour son attitude exemplaire toute la saison, et ici encore. Aller féliciter Kenny et prononcer un discours aussi pertinent au micro juste après la course demande tout autant de cojones que de s’envoyer les whoops à fond…

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Deuxième victoire pour Chase Sexton, imbattable à SLC !

À part ça ? Chase Sexton a gagné, sans même rouler très bien. Chase a fait la différence au physique, en fin de course, en doublant un Jorge plus aussi saignant qu’en début de course, tout en résistant à Justin Cooper. Pas mal, OK, mais on est quand même loin du Chase période Honda, ou même KTM. Et pourtant, il arrive quand même à gagner…

Justin Cooper égale sa meilleure performance ever en SX US 450, avec cette deuxième place, passée complètement inaperçue. Et pourtant, notre gars a encore roulé grave, en partant huitième seulement. J-Coop est, d’après les rumeurs, courtisé de partout et ne devrait pas avoir de souci pour faire gonfler son salaire l’an prochain…

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Décidément, il apporte du piment, ce Jorge Prado !

Et un deuxième podium pour Jorge Prado, qui sera donc monté sur la boîte pour l’ouverture et la finale ! Aussi très bon en heat, l’Espagnol a montré de très belles choses à Salt Lake City, notamment avec des passages supersoniques dans les whoops. Une partie du terrain où il était assez catastrophique l’an dernier… Sacrée progression. Notez qu’il ne fait pas l’unanimité dans le paddock, de par ses « actions ». Cooper Webb, notamment, lui a dit ses quatre vérités à l’arrivée, le traitant de « Vince Friese en plus rapide ». On n’a pas non plus trop compris sa volonté de raconter sa vie à Kenny au moment de la célébration, mais bon… En tout cas, Jorge va être un sacré client en Outdoor, avec la forme qu’il tient en ce moment…

Mal parti, Cooper Webb échoue au pied du podium, non sans avoir tout tenté pour couper ce pauvre Jorge en plus fin que du pata negra. Une saison mal payée pour Coop’, pourtant pas mauvais toute l’année. Reste à voir ce qu’il va faire l’an prochain, des rumeurs l’envoyant chez Tedder Racing. Ce qui est sûr, c’est que cette saison d’Outdoor sera sa dernière.

Ken Roczen signe donc la meilleure cinquième place de sa vie, après s’être éteint après la chute d’Hunter. Sous pression, incapable de respirer, l’Allemand a juste cherché à rallier l’arrivée devant son rival. Le plus vieux champion SX de l’histoire, présent en SX US depuis 2014. Douze ans avant son premier titre ! Et premier titre SX pour Suzuki depuis Ryan Dungey, en 2010…

En confiance en cette fin de saison, Justin Hill s’est offert un bon départ et termine à une excellente sixième place. Solide, le gaillard, quand il veut…

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Classe et digninité, Hunter Lawrence a certes perdu le championnat, mais gagné de nombreux fans.

Septième place plus amère qu’un Picon-Bière mal dosé pour Hunter Lawrence, donc. Et une nouvelle place de vice à faire péter un boulon ! Une fois encore, saluons tous ensemble son attitude, son respect, la qualité de ses interviews, dans la défaite comme dans la victoire. Pilotes et parents de pilotes, l’inspiration doit être là, et pas uniquement dans le pilotage… Hunter n’a pas gagné le championnat, mais un tas de fans en plus, et le respect de ses pairs.

On ignore ce qui s’est passé pour Dylan Ferrandis, pas vu à la télé avec tout ce qui s’est passé en finale, mais le pilote Ducati est bien parti, et finit onzième sans être tombé. Chelou.
À noter qu’Eli Tomac n’est pas passé loin, percuté par l’arrière dans le premier tour de sa heat et retombé sur son repose-pied. Rien de cassé, mais soirée pliée pour l’ancien king du début de saison…

Bonne continuation à Cade Clason, un de ces privés qui animent les LCQ pour se faire une place en finale, qui faisait sa dernière apparition pro à Salt Lake City. Le double C part avec un bon billet, puisqu’il a remporté vendredi le PulpMX LCQ Challenge, avant d’aller en finale le lendemain. Salut Cade !

Catégorie 250 est/ouest Salt Lake City Showdown : Cole Davies déboulonne la star

C’est qui le nouveau boss de la catégorie ?


Les deux championnats déjà attribués, le seul intérêt de ce Showdown de Salt Lake City était la confrontation entre Haiden Deegan, pour sa dernière course en deux et demi, face à Cole Davies, le plus susceptible de le challenger. Autant dire qu’on n’a pas été déçu ! Pourtant, ça ne s’annonçait pas super, avec Haiden Deegan rapidement en tête, devant Max Anstie. On notera d’ailleurs que les cinq pilotes Star Racing étaient devant au premier virage, preuve, s’il en faut, qu’il s’agit du team où il faut être pour gagner en 250 aux US. Bref, une fois l’obstacle Anstie mis de côté comme un fish and chips périmé, « Cold » Davies s’est méthodiquement rapproché de Deegs, notamment grâce à de gros passages dans les whoops. Ce qu’il n’avait pas su faire cette année lors des précédents Showdown, avant d’aller l’éperonner de bon cœur dans un virage. Une manœuvre aussi couillue qu’efficace, qui a même pris Haiden de court ! À partir de là, on pouvait quasiment voir la fumée sortir du casque du DangerBoy. Qui a tenté de rendre maladroitement la pareille à Cole, avant de se la mettre seul comme un grand juste après. Cole Davies a donc bien réussi à gâcher la fête de sortie d’Haiden Deegan, tout en lançant un signal fort aux autres pilotes 250 : éviter sa côte l’année prochaine, si vous voulez une chance de gagner…

Deuxième place très correcte, étant donné sa saison et ses soucis de dos, pour Levi Kitchen. Le pilote PC n’a pas été aidé en début de course par la chute de son coéquipier Cameron McAdoo, qu’il a été obligé d’esquiver. Parti huitième, remonté deuxième, une course solide de la part du Chef.
Le podium pour Max Anstie, sa meilleure course depuis un bail. Troisième podium de la saison « seulement » pour l’Anglais, en comptant sa victoire à Anaheim 1. Un peu léger, pour un pilote Star Racing avec son expérience.

Haiden Deegan quitte donc la catégorie 250 à Salt Lake City avec à peu près tous les records, mais sur une anonyme quatrième place. Il a au moins eu le bon goût de féliciter Cole et l’a joué cool. Hâte de le voir maintenant en 450, face à des pilotes qui ne prendront pas forcément aussi bien que ses jeunes camarades ses petites manigances en piste, comme il l’a fait à CD37, avant de se faire tamponner comme un 15 seul sous une chandelle.

Anonyme aussi, cette cinquième place de Ryder DiFrancesco, mais intéressante quand on sait qu’il était 22e sur la ligne de départ. Passé par le LCQ, comme son coéquipier Dax Benick qui ne s’est d’ailleurs pas qualifié, RyderD a donc effectué un superbe retour, passé totalement sous silence… Il perd néanmoins sa place sur le podium au général, terminant quatrième final derrière Max Anstie. Une bonne saison quand même pour le pilote HVA, en net progrès et sans blessure, déjà.
Chapeau au privé Derek « Grace » Kelley, septième d’un Showdown et deuxième pilote de la côte Est !

La routine pour Cam et le team PC….

Une petite pensée pour Mitch Payton, qui a dû s’arracher les cheveux en voyant Cameron McAdoo s’en mettre une bonne dans les whoops, littéralement en même temps que son coéquipier Seth Hammaker juste devant, tout en gênant l’autre coéquipier Levi Kitchen. Quand ça veut pas…

Allez, on clôt le chapitre SX, et rendez-vous en Outdoor dans deux semaines, les compteurs remis à zéro avec quelques stars de retour.

Imaginez être le boss du team Pro Circuit et voir ça des tribunes…

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