
Invité par le promoteur aux médias days apparus l’année dernière, Dylan Ferrandis a été questionné par nos confrères US sur sa signature chez Ducati, le testing de la nouvelle machine, ses aspirations pour la saison 2026 et même sa relation avec Justin Barcia, son nouveau coéquipier. Voici un résumé de cet échange intéressant et sans langue de bois, une habitude chez notre gars de Las Bedas !
Quelles sont les différences entre ton ancienne Honda et la Ducati ?
Dylan Ferrandis : « La Ducati corrige le seul défaut que je trouvais à la Honda, à savoir la flexibilité du cadre. Le cadre Honda était trop souple en SX, surtout dans les transitions. La Ducati a pour moi le meilleur cadre dans le monde du 2 roues. Ce cadre est très bien équilibré, parfait. Je sais que tous les pilotes qui passent sur cette chaise disent que leur nouvelle moto est la meilleure, mais je ne vais pas mentir : ce cadre corrige exactement ce qu’on n’arrivait pas à solutionner avec la Honda. Le team Honda HRC a réussi à résoudre le problème, mais nous n’avions pas les ressources pour le faire chez Phoenix Honda. »
Comment s’est passé la transition entre les deux motos ?
« On a eu des choses à travailler. Le premier jour, j’étais perdu, je n’arrivais pas à rouler du tout. On ne comprenait pas ce qui n’allait pas. Je n’arrivais même pas à sauter des triples, la moto était inroulable. Le problème venait de la hauteur des repose-pieds sur la version stock, qui est très différent de toutes les autres motos. Après avoir testé plusieurs choses, on a fini par comprendre d’où venait le problème. Ducati a des solutions très différentes de celles des autres marques, comme la position des repose-pieds, les leviers et les freins, avec lesquels j’ai eu du mal au départ. C’était il y a deux mois, donc depuis on a testé beaucoup de choses et l’équipe me connaît bien. Ils viennent en grande partie de chez Geico Factory Connection et étaient avec moi chez Phoenix, donc ils savent ce que je veut. Personne n’avait roulé avec la moto en SX, donc il fallait essayer des choses. Construire des pièces pour la moto a pris un peu de temps, mais ça y est. On a solutionné tout ce dont je me plaignais. »
Pensent-tu pouvoir avoir des ambitions de top 5 comme avec la Honda, ou cela risque de prendre du temps avec la nouvelle moto ?
« Les deux dernières saisons, mes ambitions n’étaient pas bien hautes, à cause des des problèmes de santé que j’ai eu. Je n’étais pas dans la meilleure forme. La Honda était une très bonne moto, mais je n’étais pas capable de retrouver la vitesse le rythme que j’avais avant. Du coup, mes attentes étaient plutôt modestes. Depuis que je roule avec la Ducati et que je travaille avec l’équipe, je sens ma confiance et ma motivation grandir, et mes attentes avec. À chaque fois que je quitte le terrain après l’entraînement, je me sens plus motivé, et mes objectifs sont revus à la hausse. Avec la moto qu’on a, je n’ai pas d’excuses. Dans un bon jour, si tout se passe bien et que j’exécute ma journée parfaitement, je suis sûr qu’on peut monter sur le podium. Peut-être pas dès la première course, car c’est une nouvelle moto et il va falloir qu’on apprenne. Mais vu la manière dont la moto réagit sur la piste d’entraînement dans les whoops, quand on arrose, sur le dur ou quand ça glisse. Je suis persuadé qu’on peut viser le podium, ça me motive. »
Concernant 2026, as-tu reçu des propositions d’autres équipes ? Le team Phoenix Honda voulait te garder ?
« Oui, Phoenix voulait me garder. Les discussions avec Ducati ont commencé assez tôt. Vous avez écrit sur vos sites que j’avais signé avec eux, mais en réalité, ce n’était pas le cas. Je n’ai signé qu’en septembre. Nous avons beaucoup discuté, Ducati était intéressé, moi aussi. Cet été, j’ai essayé la moto en secret. Je voulais voir ce que ça donnait, comment l’équipe et la moto se comportaient. Très vite, j’ai su que c’était là que je voulais être. Travailler avec Factory Connection, tout le team Geico d’avant… »
Comment abordes-tu ce challenge, à ce stade de ta carrière, de développer une Ducati pour le Supercross ?
« Au début, je n’étais pas très heureux de ça. Je n’avais pas vraiment envie de devenir un test rider à ce stade de ma carrière. Je l’ai déjà fait pour Yamaha pour le lancement d’un nouveau modèle, puis chez Honda. Ce n’est quelque chose que j’aime. Mais là, depuis les premiers tours en Supercross, je n’ai quasiment rien changé en suspensions ou en châssis, ça suffisait pour s’entraîner. On a fait beaucoup de tests moteur, mais la moto était déjà bonne dès et ça prouve que la base est bonne. Honnêtement, tout s’est super bien passé. »
La moto est prête pour la Anaheim 1, ou y a-t-il encore des choses à faire avant la première course ?
« Je pense qu’on est près d’être prêt. La semaine dernière, j’ai passé tous les jours à tester de 9 h à 17 h. On a essayé beaucoup de pièces, et on a trouvé exactement ce qu’on voulait. Nous sommes maintenant dans la phase finale des réglages : améliorer la fourche, s’assurer que la moto fonctionne bien dans toutes les conditions que ce soit par temps froid, chaud ou sur des sols mous. Nous sommes dans une phase de peaufinage avant Anaheim 1. Même là-bas, on sera encore sûrement en train de tester, mais on devrait être 100% prêts pour San Diego. »
Le team est-il au niveau des « vrais » teams factory comme Yamaha ou Kawasaki en Europe, avec pleins de choses à essayer ?
« Je n’ai jamais été dans un véritable team usine. J’ai roulé dans des teams soutenus officiellement, mais pas des teams usine à proprement parler. Star Racing, Phoenix, même Kawasaki en Europe, c’était des team supports. C’est donc ma première expérience dans une équipe 100 % usine, mais je vais être honnête : au début, on a manqué de pièces. Cela a été un peu difficile d’obtenir tout ce dont on avait besoin. Mais ce n’est pas un problème majeur, car chaque semaine, on reçoit de nouvelles pièces, et je pense qu’à A1, nous serons prêts. »
Ta relation avec Justin Barcia ?
« On sait que la plupart des pilotes ont déjà une histoire avec lui. On s’est vu au terrain, j’ai été poli. Le team veut qu’on échange nos impressions, donc on parle ensemble, on a même roulé un peu tous les deux. Le problème avec Justin, c’est quand c’est le moment de la course. J’ai entendu dire que c’était un gars très gentil dans la vie de tous les jours. Mais quand il met le casque, ce n’est plus le même gars. On va bien voir ! »
Ton contrat, c’est un an avec une option ?
« Oui, c’est ça, c’est un contrat d’un an avec option. »