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Interview : six minutes avec Pauls Jonass

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Présent à Rocco’s Ranch à l’occasion de la présentation de la Kawasaki KX450F (notez le retour du F !!!) où il a roulé avec nous autres journalistes, Pauls Jonass a accepté de bonne grâce de se prêter au jeu de l’interview. Réponses franches, débit rapide, le Letton, champion du monde MX2 2017, est très sympa mais va droit au but, comme sur la piste. Micro !


Quel bilan tires-tu de ta saison ?
Pauls Jonass : La saison a été plutôt bonne. Je ne dirais pas supern, mais il y a eu des moments positifs où j’ai montré de la vitesse, même si j’ai aussi connu quelques passages difficiles et de la malchance. Globalement, j’étais assez rapide et j’ai obtenu de bons résultats, malgré quelques erreurs. en fin de saison, disons les cinq derniers GP, j’ai terminé sur une bonne note. J’en suis content. C’est une bonne base pour construire la suite.

Effectivement, on a l’impression que ça allait de mieux en mieux au fur et à mesure de la saison. Une raison à ça ?
Pauls Jonass : J’ai passé un très bon hiver, ce n’était pas le problème. Je pense juste que j’étais de plus en plus en confiance sur la moto. Quand tu te sens bien sur la machine, tu abordes les courses différemment et tu peux réaliser de bons départs. Ma vitesse était bonne en début de saison, mais j’avais plus de mal au départ, et c’est vraiment important en MXGP où tout le monde roule très vite. Quand mes départs se sont améliorés, j’ai pu rouler devant plus facilement, tout simplement. Cette combinaison départ/vitesse a été l’un des éléments clés de ma saison.

L’année prochaine, tu vas avoir davantage de responsabilités au sein de l’équipe en tant que seul pilote 450. Comment abordes-tu ce nouveau rôle ?
Pauls Jonass :Il n’y aura pas énormément de changements pour moi, mais j’aurai effectivement plus de responsabilités sur les épaules. Il y aura certainement un peu plus de pression, mais je suis prêt à relever le défi. Je pense que cela peut apporter des choses positives. Nous allons essayer de passer un bon hiver, de continuer à progresser et de développer la nouvelle moto.

De l’extérieur, on a l’impression que ce team était plus concentré sur Romain que sur toi. Avais-tu tout ce qu’il faut pour performer ?
Pauls Jonass : Oui, on peut penser de l’extérieur, mais honnêtement, le team a toujours été derrière moi à 100% et j’ai toujours eu tout ce dont j’avais besoin. Bien sûr, dans une équipe officielle, il y a une hiérarchie. Romain [Febvre] était le pilote numéro un, celui qui apportait les meilleurs résultats et orientait en grande partie le développement de la moto. C’est logique : lorsqu’un pilote est le leader de l’équipe et obtient les résultats, son retour d’expérience prend naturellement beaucoup de poids.

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Ta moto était-elle très différente de celle de Romain ?
Pauls Jonass : La base est assez similaire, notamment en ce qui concerne le moteur. La principale différence se situe au niveau des suspensions. Romain utilisait une configuration différente, notamment avec l’amortisseur BFRC Showa, quand j’utilisais un modèle usine mais « normal ». C’est aussi ce qui explique que sa moto était plus basse de l’arrière que la mienne, qui est plus plate. Mais à part ça, il n’y avait pas autant de différences qu’on pourrait croire entre nos deux motos.

Avec Mathis Valin et maintenant Francisco Garcia qui rejoignent également l’équipe, vas-tu avoir un rôle de mentor, ou pas du tout ?
Pauls Jonass : Je ne sais pas, on va voir. J’étais déjà coéquipier avec Mathis cette année. Nous avons passé du temps ensemble et, bien sûr, j’aimerais aider les autres pilotes. Je vais aussi essayer de leur apporter mon expérience pour améliorer la moto et la rendre plus performante. Cela représente une responsabilité supplémentaire, mais j’aime l’idée de rassembler l’équipe et de contribuer à la faire passer au niveau supérieur. Mais je dois reconnaitre qu’ils ne viennent pas beaucoup vers moi. On a déjà fait un peu de testing ensemble tous les trois, et étant donné qu’ils se connaissant très bien, ils restent ensemble tous les deux. On va voir comment ça va se passer.

Combien de temps te vois-tu encore rouler en MXGP ?
Pauls Jonass : Je vais avoir 30 ans en janvier, donc je dirais trois à quatre ans encore. On verra, ça dépend évidemment des blessures, de mon feeling, si je reste compétitif tout simplement et aussi des opportunités. Cette année, j’ai resigne un an. On verra.

Au MX des Nations, on t’a vu te battre avec Liam Everts, que tu as vu grandir en tant qu’ami et « éleve » d’Harry et Stefan. Quel est ton sentiment ?
Pauls Jonass : J’ai rejoint le programme KTM fin 2014, et Stefan m’a pris sous son aile à ce moment-là. Donc effectivement, je connais Liam depuis qu’il est tout petit. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble à l’entraînement il y a deux ans, et nous nous entendons très bien. J’aime beaucoup Liam, c’est un bon gars. Il possède un pilotage très fluide et sait bien utiliser la puissance de sa moto. Je pense que son style peut particulièrement bien convenir à la catégorie 450. Il a du potentiel et peut devenir un très bon pilote dans cette catégorie.

Quels sont tes objectifs pour la saison prochaine ?
Pauls Jonass : J’espère me battre pour le podium, c’est le but. Il faut maintenant se remettre au travail et passer un bon hiver. Nous devons continuer à améliorer la moto, mais aussi travailler sur moi-même. C’est l’objectif : progresser sur tous les plans pour arriver prêt au début de la saison, et ne pas se blesser.

Dernière question. Toi qui le connais bien, pensais-tu voir un si bon Jeffrey Herrlings cette année ?
Pauls Jonass : Honnêtement, non. Evidemment, je savais qu’il serait bon, parce que Jeffrey est Jeffrey, mais aussi bon aussi rapidement, non. En début de saison, il était bon, mais à son niveau je dirais. Par contre, ce qu’il a montré ensuite en fin de saison est assez incroyable. Notamment sa vitesse sur les circuits durs, il m’a vraiment impressionné !

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Digest
Pauls Jonass

Né le 13 janvier 1997 à Kalvene, Lettonie
Numéro : 41
Nationalité : lettonne

2005-2010 : débuts en motocross en Lettonie, puis compétitions dans les pays voisins.
2011 : Champion du monde junior 85 cm³, à 14 ans, en Italie.
2012 : Passage en 125 cm³. Vice-champion d’Europe EMX125 à Uddevalla et 3e du championnat du monde junior 125 cm³ en Bulgarie.
2013 : Champion d’Europe EMX125 et champion du monde junior 125 cm³ avec KTM.
2014 : Débuts en championnat du monde MX2 avec le Marchetti Racing Team.
2015 : Rejoint le Red Bull KTM Factory Racing, avec un contrat de cinq ans. Dès sa première saison sur la 250 SX-F officielle, il monte sur le podium dès le GP du Qatar et termine 2e du championnat du monde MX2
2016 : Saison MX2 avec Red Bull KTM, confirmant son statut de prétendant au titre.
2017 : Champion du monde MX2, premier champion du monde motocross letton de l’histoire. Il remporte 6 Grands Prix, 14 manches, signe 7 poles et monte sur 15 podiums en 19 courses. Premier succès en Grand Prix au Qatar, à Losail. Titre conquis à Villars-sous-Écot.
2018 : Vice-champion du monde MX2 derrière Jorge Prado, avec 15 victoires de Grand Prix et 23 podiums. Fin de saison perturbée par une blessure.
2019 : Dernière saison en MX2 avec Red Bull KTM, avant son passage en MXGP.
2020 : Passage en catégorie reine MXGP, toujours avec Husqvarna. Saison largement compromise par une grave blessure au dos survenue à l’entraînement.
2021 : 8e du championnat du monde MXGP avec Husqvarna.
2022 : Rejoint le Standing Construct Honda. 9e du championnat du monde MXGP.
2023 : Saison MXGP avec Honda, 19e du championnat.
2024 : Débuts avec le Kawasaki Racing Team MXGP en cours de saison. 14e du championnat du monde MXGP, avec cinq podiums.
2025 : Première saison complète avec Kawasaki Racing Team MXGP. Grave commotion cérébrale au quatrième Grand Prix, qui le prive de plusieurs manches. Reprise en fin de saison avec une place régulière dans le top 10. 15e du championnat du monde MXGP. 9e du Motocross des Nations avec la Lettonie.
2026 : Reconduit chez Kawasaki Racing Team MXGP pour une deuxième saison. 9e du championnat MXGP, 4e du MX des Nations

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