Article de la Voix du Nord d’aujourd’hui
Il n’y aura pas de retransmission en direct de l’épreuve touquettoise
LES fans de moto vont être déçus. Mais à moins de se rendre au Touquet dimanche, il ne sera pas possible de suivre l’épreuve sur une chaîne de télévision. A qui la faute? Aux contraintes budgétaires des uns, aux engagements parallèles des autres. L’Enduro souffre en effet cette année de la concurrence de la Coupe Davis de tennis. France Télévision, qui a acquis les droits de cette compétition, est en effet tenue de diffuser tous les matchs… s’ils sont décisifs. Si le sort de France – Roumanie était scellé le samedi soir, une case horaire pourrait alors se libérer pour l’Enduro du Touquet. Mais si la retransmission est conditionnelle, les coûts réclamés aux organisateurs sont eux définitifs. En clair, ASO pourrait fort bien verser une somme et ne pas obtenir de retour sur investissement.
Optimisme
Un risque non négligeable surtout lorsque l’on sait que la somme réclamée par France Télévisions pour un direct s’élève à 130000 euros: « On ne peut pas se permettre de mettre une fois encore un tel prix », indique Hubert Auriol. Est-ce à dire que s’il n’y a pas d’autres événements en concurrence, l’avenir télévisuel de la course est compromis? Philippe Clercin, qui couvre l’épreuve depuis plus de dix ans en tant que chargé de production à France 3 Lambersart, ne veut pas se montrer aussi pessimiste.
Contraintes
« Je n’ose pas croire que la non-retransmission en 2003 puisse avoir des incidences pour la suite. Contrairement, à ce qui se dit un peu partout, ce n’est d’ailleurs pas une première. En 1991, lors de la guerre du Golfe, il n’y avait pas eu de diffusion. Et je crois que ça avait également été le cas en 1994 puisque le car de France 3 était à Lillehammer pour les Jeux d’hiver. Et tout ça n’a pas empêché que l’épreuve soit couverte les années suivantes. » Du côté d’ASO, on ne craint pas non plus que cette absence d’exposition médiatique crée un précédent. Pour tout dire, ce sont plutôt des contraintes environnementales qui semblent menacer l’avenir de l’épreuve, malgré les efforts consentis cette année dans le tracé du parcours pour protéger au maximum les plages et les dunes.
Mécontentement
L’absence d’une retransmission risque en revanche de compliquer singulièrement la tâche des équipes de France 3 Nord – Pas-de-Calais: « On s’appuyait jusqu’à présent sur leurs images pour nos résumés dans les éditions locales, confirme Emmanuel Mag- delaine. Là, nous n’au- rons pas des caméras partout et il se peut que nous ne soyons pas là où a lieu l’événement. La qualité de nos résumés risque de s’en ressentir. » Autres mécontents: les pilotes et leurs écuries qui avaient pris l’habitude de suivre l’évolution de la course sur un écran télévision afin d’intervenir plus rapidement en cas d’incidents techniques et bien évidemment les sponsors, nettement moins enclins à ouvrir le porte-monnaie, s’ils bénéficient d’un retour sur image moindre ou tout simplement inexistant.