Six mois après le décès d’Aidan Zingg, grand espoir du MX US, ses parents ont décidé de saisir la justice. Souvenez-vous, le pilote de 16 ans avait perdu la vie le 28 juin 2025 lors de la célèbre épreuve amateur de Mammoth Mountain, en Californie. Une plainte pour « wrongful death » a été déposée contre plusieurs entités de l’organisation de l’événement, avec un message clair : selon la famille, l’accident aurait pu et dû être géré autrement. De quoi mettre un sacré coup de pied dans la fourmilière, dans un pays plus procédurier qu’un retraité de la fonction publique. On n’a certainement pas terminé d’en entendre parler, tant ce procès pourrait avoir des conséquences.
Sont visés par la procédure 2XP LLC, Alterra Mountain Company, l’American Motorcyclist Association (AMA), Mammoth Mountain Ski Area et Revelyst Adventure Sports. Les Zingg dénoncent à la fois des manquements dans l’encadrement de la course et de possibles défaillances de l’équipement de protection.
Selon les éléments versés au dossier, Aidan Zingg a chuté dans un virage à mi-course, avant d’être percuté par plusieurs pilotes une fois à terre. Le point central de la plainte concerne l’absence de commissaire à cet endroit précis du circuit au moment de l’accident.
« La chute d’Aidan aurait dû être immédiatement signalée par un drapeau jaune afin d’alerter les autres pilotes », indique la plainte. Or, la course s’est poursuivie pendant près de deux tours, laissant le jeune pilote au sol, inconscient, pendant plusieurs minutes (quatre, selon les rumeurs). Pour les parents, ce défaut de signalisation et de réaction rapide constitue une défaillance majeure des procédures de sécurité, pourtant fondamentales dans une discipline où la visibilité et la réactivité des commissaires sont cruciales.
Autre point sensible du dossier : l’état de l’équipement d’Aidan Zingg après l’accident. La plainte évoque des traces d’impact sur son maillot ainsi qu’un pare-pierre perforé, laissant supposer qu’il aurait été violemment percuté par une autre moto à terre.
Transporté à l’hôpital de Mammoth Lakes, le jeune pilote a été déclaré décédé le jour même. La cause médicale retenue est une tamponnade cardiaque, une pathologie grave provoquée par une accumulation de liquide autour du cœur, souvent consécutive à un traumatisme sévère.
Pour l’avocat de la famille, Kevin Biniazan, l’objectif dépasse le seul cadre judiciaire. « Si cette action permet de faire évoluer les protocoles de sécurité des courses et la conception des équipements portés par les pilotes, alors elle aura du sens », a-t-il déclaré à USA Today. Pas gagné, dans un pays où, justement, la notion de liberté individuelle poussée à l’extrême permet d’aller remporter un championnat Outdoor avec juste un maillot si on le souhaite. Même si depuis 20236, on remarquera tout de même que le port d’une dorsale est obligatoire pour les jeunes amateurs dans les courses certifiées AMA.
La question des commissaires est épineuses, des deux côtés de l’Atlantique. Je fais partie de ceux qui ont roulé dans les 80’s et 90’s sous la « vigilance » d’hommes aux drapeaux peu compétents, c’est le moins qu’on puisse dire, quand ils tenaient debout après midi. Une époque heureusement révolue, du moins je l’espère. Mais comment se passer de ces bénévoles prêts sacrifier leurs week-ends pour permettre aux pilotes de s’amuser ? Compliqué de trouver une solution efficace, surtout au niveau local du sport.
Quant au reste de la plainte portant sur l’équipement et sur le circuit, difficile de penser qu’elle fait vraiment faire du bien au MX, mais plutôt apporter plus de normes et de défis/contraintes pour les équipementiers, et surtout les organisateurs, qui n’en manquent déjà pas. Ceci dit, si elle peut concrètement faire avancer la sécurité en MX, il va bien falloir y aller, et à fond. Les récentes tragédies se succédant, on pense notamment à Enzo Badenas, il est effectivement temps de se poser les bonnes questions, et de tenter d’y répondre, même si ça signifiera sûrement d’avoir à faire des compromis. En attendant, je pense sincèrement, en tant que père de famille notamment, à ceux qui ont perdu un enfant qui voulait juste s’amuser en pratiquant le MX. C’est et ça restera toujours injuste, quelque soit les règles et les lois. Mais si le risque zéro n’existera jamais, tentons au moins de réfléchir pour faire baisser les statistiques.