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Ça, c’était l’intro de l’année dernière. Avouons qu’elle colle tellement bien à cette année qu’on a décidé de la recycler :
« On s’attendait à un terrain piégeux à Indianapolis, et on a été servi au delà de nos attentes ! V’là le champ de mines, avec des ornières qui ressemblaient plus à des tranchées de la première guerre mondiale qu’à celles qu’on est habitué à voir sur un terrain de SX. De quoi rendre le terrain difficile, avec notamment des whoops qui avaient l’air aussi fun qu’un rendez-vous chez le dentiste. Et évidemment, dans ce type de conditions, qui émerge encore du lot ? »
Ah oui, quand même…
Cooper Webb, bien sûr ! Bon, OK, l’année dernière, c’était Jett Lawrence. Mais cette fois, Jett n’était présent que pour signer des autographes et commenter la finale 250. En l’absence du tenant du titre, c’est Cooper Webb qui a fait le boulot, et quel boulot ! Le pilote Star Racing a été impressionnant de maîtrise. Parti troisième, il a réussi à déborder dès le deuxième virage son grand rival pour le titre Chase Sexton, avant d’en faire de même avec Justin Barcia avant la fin du premier tour. Puis de se donner instantanément un peu d’air grâce à sa trajectoire dans le sable, où il sautait le mur de la sortie. Du grand Cooper Webb, incisif, concentré, plein d’intensité, qui n’a ensuite pas fait un pas de travers tout au long de la course. Une performance XXL, de celle qui cassent le moral des autres… Pourtant, il y avait du potentiel pour que ça parte en caouète, avec Chase devant lui, et ce psychopathe de JB51 en tête ! Coop’ a pris bien soin de ne toucher ni l’un ni l’autre, et de sprinter de suite pour se débarrasser du pit-bulll enragé de chez GASGAS. Victoire et meilleur temps en course, il possède désormais 15 points d’avance sur Chase. Certes, c’est insuffisant pour mettre en cruise control, mais il va falloir aller les chercher, ces points, parce qu’il fait rarement de cadeau. Et même quand il tombe, c’est en heat, pas en finale…
Très bon depuis le début de saison à part dans les whoops, Justin Cooper a profité du fait qu’ils étaient tellement détruits que personne ne passait bien pour s’offrir son meilleur résultat en 450. Ceci grâce à une de ses armes favorites, un bon départ, et l’aide d’un Chase Sexton jamais contre filer un coup de main à un pote. Bref, J-Coop n’a rien fait d’exceptionnel mais a réussi à tenir ses temps sans faiblir, avec la régularité d’un coucou suisse. Un peu à la manière de son coéquipier Cooper Webb, d’ailleurs. En tout cas, passer Justin Barcia et aller s’offrir une deuxième place comme ça, une sacrée performance de sa part.
Chase Sexton n’a jamais semblé en mesure de pouvoir contrer Cooper Webb à Indianapolis. Un peu emprunté en finale après sa victoire en heat, Chase a perdu la bataille dès le départ en se faisant déborder tout de suite par CW2. On ne s’attendait pas vraiment le voir se faire déposer aussi rapidement à la régulière, non plus. Et ce même en faisant l’enchaînement « Deegan » après être passé sous le tunnel. Une deuxième place aurait été sans doute plus facile à avaler, mais le pilote KTM a fait une nouvelle fois fait une Sexton, en plantant la visière dans le sable. Le break arrive à point nommé, parce qu’il va falloir rapidement stopper l’hémorragie avant qu’elle devienne incontrôlable…
Auteur du holeshot, Justin Barcia a enfin montré de belles choses à Indianapolis, lui qui est assez transparent depuis le début de la saison. Toujours aussi difficile à passer, il a défendu sa place comme un berge allemand son maître, et ça a payé. Pas si mal.
La saison d’Aaron Plessinger semble enfin lancée, après son podium de Daytona. Cette fois, il ne s’agit « que » d’un top 5, mais ça va dans le bon sens. Mal parti, le cowboy s’est mis au boulot pour remonter, sur un terrain qui correspondait à ses qualités. La quatrième place (peut-être un podium) lui tendait même les bras, mais on ne passe pas Barcia si facilement en le recoupant… Il devrait le savoir, lui qui s’entraîne tous les jours avec lui ! N’empêche, du gros mieux ces dernier temps pour AP7.
Un temps au contact avec Aaron Plessinger, justement, puisque les deux remontaient ensemble, Malcolm Stewart a semblé coincer physiquement sur cette finale. « A bit tight », qu’il a dit dans le communiqué de presse Husqvarna. Au point de se faire repasser par AP7 en fin de course, alors qu’il avait une belle avance. De quoi être un poil déçu, donc. On pense qu’Aldon Baker sera d’accord avec nous.
En parlant de déception, on attendait beaucoup de Ken Roczen, quatre fois vainqueur à Indianapolis, deuxième l’an dernier derrière Jett et sur sa lancée de Daytona. Pris dans un accrochage au départ, Kenny a tout suite réussi à recoller le paquet, au point d’être rapidement au contact avec Mookie et AP7. À ce moment-là, on pensait encore le podium à sa portée… Et plus rien. K-Roc a passé un temps infini derrière des pilotes qu’il aurait déposer comme s’ils n’étaient pas là, sur une piste où sa technique fait d’habitude des merveilles. Et voici Kenny à 26 points de Coop’, lui qui était jusqu’ici sur la pente ascendante. Dure soirée.
Si sa huitième place d’Indianapolis (deuxième de suite) n’a rien de très sexy sur le papier, Dylan Ferrandis a montré une belle vitesse dans les premières minutes de cette finale d’Indianapolis. Bien accroché dans le top 5, le Français a tenu un temps sa place, avant de baisser physiquement. Dans l’incapacité de s’entraîner correctement depuis sa blessure à l’épaule d’Arlington, il en paye les conséquences, mais ça faisait un moment qu’on ne l’avait pas vu aussi excitant.
Derrière, Justin Hill, mal parti, est venu chercher un Shane McElrath en marche arrière après un départ correct. Tous eux ont profité de l’énorme crash de Joey Savatgy pour gagner une place. Un Joey qui s’en tire avec « seulement » des côtes cassées et un poumon perforé. Bien payé, vu la chute !
Aïe…
Terminons sur Jason Anderson, tombé au départ. Qui, ensuite, n’a même pas vraiment essayé, avec des chronos indignes de son rang. El Hombre a eu la flemme dans les ornières d’Indianapolis, visiblement…
Catégorie 250 est/ouest Showdown Indianapolis : la surprise Hammaker
Vainqueur de son troisième SX seulement en 2021, Seth Hammaker a depuis passé plus de temps en convalescence qu’en selle. Parti cette saison s’entraîner au Dog Pound des frères Lawrence sous les ordres de Michael Byrne, le jeune s’offrait mine de rien un début de saison très correct, avec notamment un podium la semaine dernière à Daytona, jusqu’à cette course et sa victoire surprise. Parti en tête, le faiseur de jambon a ensuite maîtrisé son sujet sans prendre trop de risques, et n’a pas fait beaucoup d’erreurs. Une superbe course, donc, qui lui permet de revenir dans le coup aux points, puisqu’il n’est plus qu’à onze points de la plaque rouge. Une sacrée affaire qui doit faire du bien au moral de Mitch Payton, qui va enfin pouvoir manger la pizza du lundi synonyme de victoire !
Pas très à l’aise en série, Tom Vialle a su, comme souvent, se ressaisir au meilleur moment. À la lutte pour le holeshot avec Seth Hammaker, Tom a certes perdu une belle occasion de gagner le Showdown, mais a réussi à récupérer la plaque rouge. Qui aurait pu le croire après Tampa ? Incontestablement, il monte en pression dans ce championnat, même s’il n’est pas forcément le plus rapide. Intelligent, calculateur, peu porté sur la prise de risque, sa stratégie pourrait bien payer en fin de compte. Et on a aussi adoré sa petite trajectoire à la sortie de la partie sable. Bref, si on était à la bourse, on dirait que sa cote monte nettement !
Haiden Deegan, quant à lui, était le plus rapide. Mais, une fois encore, le jeune pilote Star Racing a commis trop d’erreurs, notamment une grosse qui lui a fait perdre le contact avec un Vialle qu’il allait attaquer. Seul pilote 250 avec son pote Dax Bennick à sauter au-dessus de la deuxième table après le tunnel, c’est sur cet enchaînement qu’il s’est mis court et a été contraint de passer sous le filet. On peut aussi parler de ses départs, encore trop inconsistants. Franchement, on attendait mieux de lui, pour une troisième année dans la catégorie. Côté positif, DangerBoy repart tout de même d’Indianapolis avec 12 points d’avance sur Julien Beaumer, et 25 sur son jeune coéquipier Cole Davies, ce qui est plutôt une bonne affaire.
Victime d’une grosse chute aux essais et parti 17e en finale, RJ Hampshire a, comme à son habitude, tout donné pour revenir. Et ce n’était pas forcément toujours beau à voir, mais c’est passé. Avec 12 points de retard seulement sur Tom, Ardjé est plus que jamais dans la course au titre, et devrait être de ceux qui vont profiter du break pour revenir à 100%. Attention à lui pour la suite, donc.
Pff, on va commencer à manquer de superlatifs pour Cole Davies ! Tombé dans les premiers tours et reparti 17e, le jeune est revenu comme une balle devant, avec des passages supersoniques dans les whoops comme dans le sable, le tout en donnant l’impression que le terrain était plat et simple. Là, on est sur du très bon, il n’y a aucun doute. Le Kiwi s’est quand même permis de déposer son coéquipier et ancien leader de la côte est Max Anstie, lui-même pas mauvais dans les whoops, comme s’il n’était pas là. En début de course, j’étais sûr qu’en partant quatrième, cette course allait être sa première victoire. Disons que ce n’est que partie remise, et ça risque d’être très bientôt… Et au passage, il est troisième de ce championnat, à une finale de Deeg’s. Rien n’est perdu !
Derrière, on a vu du bon Jo Shimoda en début de course, un peu moins après. Max Anstie, lui, n’a jamais eu l’air vraiment à l’aise. Parti dans le top 10, l’Anglais a galéré à remonter, avec des temps à deux secondes des meilleurs… Une sale soirée ! Julien Beaumer, bien parti, a ensuite payé physiquement le fait de ne pas avoir roulé depuis Arlington, et limite plutôt bien les dégâts, même si le championnat commence à s’envoler petit à petit. Lui aussi devrait profiter de la trêve pour revenir à 100%.
Neuvième place décevante Garrett Marchbanks, contrairement au top 10 de Max Vohland, une fois encore premier privé. Max galère encore et encore avec un pied qui ne sera sans doute plus jamais le même et un frein arrière à la main, on le rappelle, mais continue de s’intercaler entre les pilotes d’usine dont il faisait encore partie l’an dernier. Ça pourrait revenir, s’il continue sur cette lancée !
Enfin, plus de peur que de mal après le gros crash de Pas de Chance Hymas, qui aurait pu lui coûter cher… Il semblerait que le jeune s’en sorte à peu près indemne. Un soulagement !
Ouille…
Allez, un break la semaine prochaine. On se revoit dans 15 jours à Birmingham avec les pilotes de l’est.