
Le SX US 2025, on y est presque ! Même si l’intersaison a semblé plus courte que jamais, quel plaisir, tout de même, de retrouver le feuilleton le plus palpitant de l’année dès samedi soir, à Anaheim. S’il est trop tôt pour parler du terrain, tant les analyses qui se basent sur une flèche numérique sont généralement aussi précises qu’un créneau féminin à trois grammes à quatre heures du matin, on peut déjà dire qu’au moins, on aura une ouverture au sec. Et ça, ce n’est déjà pas si mal ! En plus, tout le monde est relativement en bonne santé, en tout cas chez les grands favoris. Tous les feux sont au vert, donc, et ils sont d’ailleurs nombreux en ce moment à Los Angeles.
Arrivé en tant que rookie l’an dernier en SX 450, Jett Lawrence n’avait pas mis longtemps pour décrocher sa première victoire, dès la première course. Brisant ainsi cette sorte de malédiction qui disait qu’on ne gagne pas le championnat si on gagne Anaheim 1. Comme quoi… Reste à voir comment Jett a digéré cette première saison complète et, surtout, une intersaison très courte. Au SX de Paris, il m’expliquait n’avoir que cinq ou six roulages en SX sur la nouvelle moto, très différente en matière de comportement de l’ancienne. Ensuite, il est parti en Australie, sans la moto d’usine, avant de rentrer pour poursuivre le testing. Peut-il être en manque de confiance au niveau des réglages en ce début de saison ? C’est une crainte légitime qu’on peut avoir pour lui. La seule, à vrai dire, parce qu’à part ça, ça roule dans le clan Lawrence. Pas de bobos, de la confiance à gogo, tout est bien tout est beau !
Alors, qui pour battre la nouvelle vedette sur ce championnat SX US 2025 ? Le premier qui vient à l’esprit est Chase Sexton, évidemment. Champion Outdoor, mais vainqueur de deux SX seulement l’an dernier, Chase a eu cette fois une saison complète pour s’habituer à une KTM qu’il ne découvre donc plus, lui qui s’est plaint des réglages une bonne partie de la saison SX. Plus motivé que jamais, CS4 reste un des seuls à croire en sa capacité à battre Jett. Rien que pour ça, il mérite notre admiration ! Problème, ce n’est pas avec ses départs en SX l’an dernier qu’il va parvenir, surtout face à une machine à holeshot comme Jett… N’empêche, celui qui était le champion sortant à ce moment de l’année dernière reste une des meilleures chances.
Deux pilotes pourraient bien ne pas être d’accord avec ma dernière phrase, et ils sont coéquipiers. J’ai nommé Cooper Webb et Eli Tomac, évidemment. Cooper Webb, on commence à connaitre le topo : il part bien, ne lâche rien, est parfaitement préparé physiquement mais manque un peu de vitesse. Mais le ratel ne descend que rarement du podium, engrange les points et pèse en fin de championnat… Cette saison, il est apparu plus affûté que jamais au SX de Paris, où il se présente habituellement déguisé en Obelix. Pas cette année, où il était plutôt en mode Asterix, le moustache en moins, preuve que ses soucis de métabolisme dont il parlait l’an dernier ont été bel et bien été réglés. Avec une intersaison de plus sur la Yamaha, dans un environnement qui lui convient, il va encore falloir ne pas sous-estimer Cooper Webb, même si lui-même reconnait qu’il sera difficile de battre Jett sur la vitesse pure.
Eli Tomac, lui aussi, arrive plus guerrier que l’an dernier, une période où on ne savait pas trop comment il allait réagir pour son retour de blessure. Engagé en WSX, Eli a été chercher un titre de champion du monde SX certes anecdotique pour lui, mais qui doit faire du bien quand même, au compte en banque comme à la confiance. Vainqueur une seule fois l’an dernier, de sa 52e finale, excusez du peu, il a l’air d’avoir retrouvé une partie de son attaque légendaire, plus Tortelliesque que jamais. Les appuis du WSX australien s’en souviennent encore. Pour sa dernière année (à ce qu’on croit, puisqu’il semble vouloir faire plus de tournées d’adieu que feu Charles Aznavour), on espère bien voir cette légende parmi les légendes croiser le fer avec la nouvelle génération, comme Flash McQueen avec Strip “Le King” Weathers, une dernière fois…
Après ces quelques pilotes, on a moins d’évidence, au moins pour aller chercher ce titre SX US 2025 … Jason Anderson reste malgré tout un bon candidat pour aller chercher une victoire sur un malentendu, mais on le voit mal rivaliser sur la longueur d’un championnat. Très bon l’an dernier à Anaheim 1, les premières courses californiennes pourraient être sa meilleure chance, lui qui excelle plutôt sur les sols durs que sur la côte est.
Ken Roczen, évidemment, peut gagner partout et tout le temps. Mais de moins en moins, quand même, même s’il reste le troisième pilote avec le plus de victoires en activité en SX, avec 22 finales remportées, derrière Eli (52) et Cooper Webb (25). Bon sans être excellent l’an dernier, pareil en WSX, Kenny reste pourtant une valeur sûre, qui n’a parfois besoin que d’un bon départ…
Aaron Plessinger a été en chercher une l’an dernier, donc pourquoi pas cette année ? Et quid de Justin Barcia, ancien triple vainqueur d’A1 ?
Parmi ceux qui n’ont encore jamais gagné, on peut citer Hunter Lawrence. Le frangin est certes moins bon, mais il a prouvé en fin de saison SX puis en Outdoor l’an dernier qu’il est désormais un cador de la catégorie. C’est sans doute celui qui a le plus de chance de débloquer le compteur cette saison. On espère de tout coeur ici que ce pourra être le cas également pour un certain Dylan Ferrandis, même s’il nous avoué ici-même, dans une superbe interview, que ça allait être difficile, avec ce diable de Jett. Même topo pour Malcolm Stewart, rapide à Paris, qui n’a jamais gagné en SX 450 et va avoir besoin de se montrer cette saison pour retrouver un guidon ou se faire prolonger… Ou Justin Cooper ? Qui pourrait êtrre, selon vous, un nouveau gagnant dans la catégorie reine ? Pas facile…
Enfin, où placer Jorge Prado ? Ce sera une des attractions majeures de ce SX US 2025. Dans toutes les interviews qu’il a donné aux médias américains, Jorge a insisté sur sa bonne adaptation, sa moto qui va bien, mais aussi sur le fait qu’il avait manqué de temps, à cause de deux grosses chutes qui l’ont empêché de s’entrainer autant qu’il l’aurait souhaité. On sait que la marche est haute, il suffit de viser la liste de pilotes au-dessus, mais s’il y a bien un Européen qui peut le faire, c’est lui. On rappelle que Jorge est encore très jeune (24 ans), qu’il dispose d’une technique impeccable très adaptée, qu’il ne se blesse pas souvent et, surtout, qu’il part incroyablement bien. Ce qui pourrait l’aider à vite découvrir le rythme des meilleurs et rester avec eux, de plus en plus longtemps au fil des courses. Evidemment, on ne l’attend pas gagner Anaheim 1, mais sa seule présence est une sacrée preuve de courage, lui qui aurait pu compter les millions en Europe pendant un moment.
Allez, plus que trois jours à attendre. On rappelle que la seule solution en direct reste le Video Passe, et que le championnat n’est pas retransmis par une chaîne de télé française. Et vive le SX US 2025 !
7.9 € TTC
