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Après une ouverture d’Anaheim 1 certes agréable mais pas non plus passionnante, cette course de San Diego a tenu toutes ses promesses, avec de l’action de bout en bout et un suspense rarement vu ces dernières années en 450, en plus avec deux des personnalités les plus marquantes du sport. En gros, si le pilote de la série était moyen, on a bien fait de s’accrocher, parce que cet épisode-là valait vraiment la peine ! En plus, sur un circuit plutôt sympa, avec une partie sable qui servait pour une fois à quelque chose, un gros quad spectaculaire et qui a eu son importance dans le déroulée de la course, des whoops qui ont permis de faire des différences… Bref, c’était vraiment sympa, ce San Diego 2025, une course dont on reparlera certainement dans le temps.
“T’as vu Webb se traîner à un moment ?” “Non, on l’a doublé ? ”
Grâce notamment à un pilote. Que dis-je, un héros ! Déjà érigé au rang de monument historique du sport, Eli Tomac n’en finit plus de faire avancer son statut de légende, avec une 53e victoire. Pour rappel, il est deuxième de la liste, derrière Jeremy McGrath et ses 72 finales. Plus étonnant encore, ça fait maintenant onze ans de suite qu’Eli gagne au moins une course de SX. Solide, le gaillard. Et celle-là, il a été la chercher avec la manière, typiquement « Tomac staïle » : agressif dans le meilleur sens du terme, à bloc dans les extérieurs, à punir les appuis à grands coups d’embrayage. La Yam devait sérieusement sentir le chaud après la course ! Parti septième, la légende s’est offert une remontée express, en se permettant de déboîter Jett Lawrence de l’extérieur dans le sable, comme Jeffrey Herlings sur un Italien, avant de parvenir à contenir le champion en titre jusqu’au bout. Un exploit rarissime, puisque dans 99% des cas, Jett trouve l’ouverture. Là, cette fois, il n’a même pas pu montrer sa roue à ET3, sûr de ses trajectoires, de sa vitesse (meilleur temps absolu en course) et de son physique (au 15e tour!). Déjà plus que dans le coup la semaine dernière, cette fois on peut en être sûr : le vrai Eli Tomac, le grand Eli Tomac, est de retour. Une sacrée bonne nouvelle, si vous voulez mon avis, pour la suite de la série.
Totalement hors du coup la semaine dernière, Jett, quant à lui, a su rebondir de façon spectaculaire en une petite semaine. Parti autour de la huitième place, le champion en titre a, comme à son habitude, mis quelques tours à enclencher la marche avant, au point de se faire déposer par ET3 comme un pilote promotion en Élite. Mais Jett n’a pas perdu le fil, se contenter de rester pas loin de son adversaire au fur et à mesure de la remontée. On peut lui reprocher d’avoir manqué de créativité dans les trajectoires, ce qu’il a lui-même admis en conférence de presse, pour pouvoir se créer des opportunités de dépassement. Mais parfois, il faut savoir accepter une deuxième place, et celle-ci en fait partie. Jett a indiqué avoir travaillé cette semaine sur ses suspensions, en durcissant pour compenser un châssis moins rigide. Il a aussi expliqué qu’elle est moins haute de l’arrière que l’ancienne, et qu’il doit donc compenser en s’asseyant plus en avant dans les virages. Plus des nouveaux rapports de transmission, pour le départ notamment, et voilà comment on récupère plus d’une seconde au tour en une semaine ! En tout cas quand on s’appelle Jett Lawrence… Visiblement content d’être de retour dans le game, le jeune n’a pas manqué d’aller féliciter sincèrement le vainqueur. De bien belles images, à vous coller la larme à l’oeil. Bref, Jett is back.
Troisième de cette course de San Diego, on espère que Cooper Webb n’a pas pris froid avec le courant d’air qu’il s’est pris quand les deux sont passés à côté de lui. On aurait dit une mamie en Twingo coincée sur la file du milieu de l’autoroute en pleine poursuite entre une Audi RS6 et l’Alpine de Gendarmerie. Coop’ a pourtant eu son opportunité, après avoir pris très vite la tête à cette tique de Vince Friese. Mais le pilote Yamaha manquait clairement de vitesse pour arriver à s’enfuir devant, et, sur ce coup-là, il n’y avait pas grand chose à faire pour résister aux deux furieux. Il a tout de même réussi à empêcher Ken Roczen de passer, question d’honneur. Et commence tout de même fort bien ce championnat, à quatre points de la plaque rouge. Coop’, c’est le méchant de la série qui ne montre pas tout de suite ses vilaines attentions. Mais il sera bien là au printemps pour le sprint final !
Ken Roczen, une fois encore, a manqué l’occasion de faire mieux. Pas par manque de vitesse ou de physique, encore moins de technique. Ce qui manque, c’est l’agressivité. Parce que rien qu’avec ce qu’on a vu à l’écran, il y avait la place trois ou quatre fois pour passer. Coop’, dans la même situation, l’aurait réussi, ce dépassement… Bref, tout ça reste très bien : c’est propre, c’est net, ça va vite, mais il en manque un poil, et c’est dommage tant le garçon est talentueux sur une moto, même une avec un kick. En tout cas, voici une belle opportunité de podium qui s’envole.
Lui aussi au fond du trou niveau réglage la semaine dernière, Hunter Lawrence, pourtant malade comme un chien, selon les infos, signe un beau top 5, après un bon départ. Compte-tenu des noms devant, on peut dire qu’il est à peu près à sa place ici. A voir s’il peut parvenir à aller chercher un peu de vitesse pour se battre constamment pour le podium.
Après la copie parfaite de la semaine dernière, on a retrouvé un Chase Sexton plus brouillon à San Diego, même s’il a prouvé en heat qu’il avait la vitesse pour aller avec Eli Tomac. Parti juste derrière Jett et ET, Chase a fait n’imp’ dans le premier tour, en ne sautant pas un triple. Une action qui aurait pu lui coûter très cher sans les efforts de Dylan Ferrandis pour l’éviter. Peut-être déconcentré, le pilote KTM a planté l’avant dans le virage suivant comme s’il cherchait du pétrole. Résultat, comme Eli à Anaheim 1, il a été contraint de se lancer dans une longue remontada. Rien d’alarmant, les chronos sont bons, mais il va falloir éliminer ces petites erreurs qui coûtent cher… Et imaginez quelle course on aurait pu avoir s’il était resté sur ses roues !
Avec une telle course devant, les « seconds couteaux » ont été légitimement un peu oubliés… On retiendra quand même la belle septième place de Malcolm Stewart, devant Justin Barcia et Dylan Ferrandis. Un Dylan de retour dans le coup, avec du fighting spirit en heat face à Malcolm Stewart, et en finale contre Justin Barcia. Sur la bonne voie, après la déconvenue de la semaine dernière !
On dit merci à qui ? A Tonton Dylan !
En parlant de déconvenue, pas mal de pilotes d’usine ont copieusement raté le rendez-vous de San Diego, comme Justin Cooper, qui a pourtant ouvert un superbe quad après la partie sable, mais aussi Jorge Prado, passé par le LCQ, ou son coéquipier Jason
Anderson, pourtant parti dans le top 10, qui a reculé plus vite qu’un chat devant un bain. Pire encore pour Aaron Plessinger, coincé derrière son chef de file Chase Sexton, avant de s’en coller une tout seul dans le virage après le triple, heureusement sans gravité.
Un petit mot sur Vince Friese, auteur du holeshot depuis la première place intérieur, et quinzième final, non sans avoir pesé sur le course au moment de prendre un tour. Que Vince soit compliqué à doubler quand il part devant, pourquoi pas, même si certains de ses « agissements » sont limites. Mais qu’il soit daltonien ou ignore les drapeaux bleus quand il prend un tour, c’est quand même insupportable. On a bien vu Eli Tomac limite paniquer en arrivant derrière lui, et presque perdre l’équilibre au moment de la doubler, tout ça parce que VF pilote une caravane au milieu de la piste de SX. On en a gros !
Catégorie 250 côte ouest San Diego : Julien Beaumer ouvre le compteur
Le drama en 250 a commencé dès les essais, avec deux doigts cassés pour Jo Shimoda après s’être pris le panneau du mécano de Coty Schock. Décidément, pas vernis, le Japonais, qui a hésité à rouler. Ce qui se comprend, quand on voit l’état de la paluche.
Première star de cette soirée de San Diego, Julien Beaumer. DjouDjou, comme on dit là-bas, a confirmé tout le bien qu’on pensait de lui la semaine dernière. Parti troisième derrière le rookie Cole Davies et le vétéran Jordon Smith, il a passé le pilote Triumph dès les premiers mètres, puis s’est appliqué à rester patient dans les premiers tours, avant de passer et de s’enfuir immédiatement devant, pour aller chercher la première victoire de sa jeune carrière. Le tout en appliquant un plan strict, comme par exemple en choisissant de ne pas faire le triple/quad pour un 2/3/2 plus facile à tenir sur la durée de la manche. C’est d’ailleurs dans le virage précédent qu’il a passer Davies…
Rappelons qu’il roulait encore en Futures il y a deux ans seulement, avant d’être repéré et enrôler par l’Orange Brigade de Daniel Blair, à l’époque. Comme un certain Cole Davies, d’ailleurs. Clairement, le travail effectué avec son coach Davi Millsaps commence à porter ses fruits. Solide physiquement, précis techniquement, il a pris en maturité et semble désormais sûr de ses forces. Avec cette victoire, Juju prend en plus la plaque rouge, et il va falloir aller lui chercher… Du top boulot, bravo !
Troisième la semaine dernière, deuxième à San Diego, Jordon Smith commence parfaitement cette saison avec sa nouvelle Triumph, devenant même un exemple de régularité pour ce qui n’est finalement que sa dixième année pro… En tout cas, la copie est propre. Il n’avait pas forcément la vitesse pour gagner, et a donc su se contenter d’une bonne deuxième place. C’est comme ça qu’on gagne des championnats. Reste à voir combien de temps cette constance va durer. A suivre.
Haiden Deegan, une fois encore, n’a pas été à la hauteur de ce que ses fans et son clan attendent de lui. Parti à la faute en heat, moyen au départ en finale, il doit à son jeune coéquipier Cole Davies de finir sur le podium. Une drôle de façon de commencer la saison pour celui qui était le favori évident, après ses démonstrations en Outdoor et en SMX. Il est évident qu’il va en gagner, mais avouons qu’il n’est pas où on l’attendait en terme de vitesse.
Cole Davies, quant à lui, semble progresser à pas de géants chaque fois qu’il met les roues sur la piste. Vainqueur de sa heat, huit tours en tête de la finale, le tout dans un style impeccable, même s’il avoue avoir été tendu, le jeune néo-zélandais confirme son talent pour le SX. Je le voyais bien monter sur le podium avant la fin de la saison, mais à ce train-là, c’est une victoire qui se dessine rapidement à l’horizon. Dommage qu’une petite cagade de l’avant le prive de son premier podium, mais ce n’est que partie remise. En plus, il a montré de la grinta en allant chercher cette quatrième place dans le dernier virage, comme un vétéran. Imaginez que ce n’était que son deuxième SX pro, à 17 ans. L’avenir paraît chantant… Notez, pour la petite histoire, que lui est aussi passé entre les mains du coach australien Greg Moss, père de Matt et Jake, responsable en partie du style des frères Lawrence. Le gars n’est peut-être pas mauvais…
Ryder DiFrancesco, partenaire d’entraînement de Julien Beaumer avec Davi Millsaps, continue lui aussi de progresser, même si ça va moins vite que pour le pilote KTM.
Derrière, on retiendra que Coty Schock ne lâche rien. Jo Shimoda a été assez héroïque en prenant les points de la septième place avec deux doigts cassés. Garrett Marchbanks peine à engranger des résultats dignes de son statut sur la Kawasaki Pro Circuit pour le moment… Michael Mosiman a réalisé une bonne heat et signe une neuvième place qui va dans le bon sens.
Hunter Yoder, top 10, termine meilleur privé une fois de plus, devant son principal adversaire dans cette catégorie imaginaire, Anthony Bourdon, qu’on n’a pas beaucoup vu à l’écran.
Rayon infirmerie, soirée difficile pour le team AEO KTM, avec la grosse chute d’Avery Long en LCQ, heureusement sans trop de conséquences à part un trauma crânien, celle de Talon Hawkins, fémur cassé, puis celle de Lux Turner en finale, sans gravité. Chez Pro Circuit, doigt cassé pour Ty Masterpool, lui-même remplaçant de Levi Kitchen. Pas facile, le SX… Enfin, saluons la finale de l’Allemand Nico Koch, pour sa première.
Allez, direction Anaheim II, un stade qu’on connait bien, pour la suite de cette série qui s’annonce de plus en plus passionnante, et ce dans les deux catégories…
7.9 € TTC

Au TOP , comme d’hab Rich’ 😉👍
La main de Shimoda 😖…Gluurps…Ses gars là ne sont vraiment pas fait comme nous quoi💪