Chez MX2K, nous ne sommes pas uniquement des gars intéressés par les nouveautés, le sport et l’actualité mais aussi des pilotes comme vous qui écument leur ligue régionale en quête de sensations et d’égayer leurs dimanches, comme moi en ligue bretagne.
Pour l’édition 2025 de la ligue Bretagne MX2 à Plouër-sur-Rance, j’ai pu terminer onzième de la Super Finale, soit mon meilleur résultat ever. Une fierté pour mon humble niveau, mais avec un sentiment amer. Je m’explique.
Début de semaine, mon pote Titi, fidèle compagnon de mes aventures me dit qu’il préfère prendre son camion et nous emmener sur la course, pour être plus à l’aise sur place. Peut-être qu’il n’ose pas me dire que mon monospace familiale avec ma remorque artisanale, ça fait moyen.
J-J, j’arrive frais comme jamais. Mes deux enfants m’ont laissé dormir plus de cinq heures d’affilées, et ma super Fantic est chaussée des nouveaux pneus Pirelli. Tous les voyants sont au vert.
Sur le programme, je vois qu’une Finale en fin de journée regroupe les vingt meilleurs 125 et 250 de la journée. J’ai trouvé ça top, de mon expérience en ligue Pays de la Loire et Île de France, je n’avais pas eu ça ! C’était donc mon objectif de la journée, me retrouver parmi les quarante meilleurs de ces quatre séries de 45 soit 180 pilotes (deux séries 125 + deux séries 250).
Qualifié avec un onzième temps chrono, je fais respectivement 17 et 26 dans les manches pour une vingtième place MX2 au général. Hop, un pass pour la Super Finale, choppé à un cheveux !
30/35 minutes après être ressorti de la deuxième manche, me revoilà donc en direction de la prégrille. Bonhomme hydraté, chaîne graissée. Fier comme jamais de faire partie du carré final. En arrivant pour poser ma moto sur le piquet n°40, un gars derrière le grillage dépourvu du programme de course me demande si c’est une consolante. Tel un coq, je lui réponds « Ha ça non, là il faudra bien ouvrir les yeux car là c’est la crème de la crème ! ». La preuve, la star du jour Pierre Goupillon, sur une 125, est bien, lui, derrière la grille. Au moins un top qui donne l’exemple !
Au final personne d’autre que les douze pilotes déjà présents en prégrille ne viendra se placer derrière la herse. Je sais dès le départ que je vais réaliser ma meilleure performance, mais bon. À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire !
Une fois sur le chemin du retour, quelle désillusion ! Où est passé la passion de nous autres amateurs ? Voici mon avis :
– Lorsqu’on rempli un « engagement », on s’engage à concourir.
– La manche s’appelle « Super Finale », quoi !
– Prendre un départ supplémentaire.
– Se la donner une dernière fois de la journée et emmagasiner de l’expérience.
– La manche n’était pas si tard, j’étais à l’heure pour le JT du soir.
– Ici, pas de soleil dans les yeux ou de boue donc danger maitrisé.
– Vingt minutes supplémentaires au compteur de la moto ne la fera pas décoter de 500€.
– Les spectateurs ont payé pour voir du spectacle.
– Les bénévoles ont pris de leur temps pour organiser une course pour les pilotes.
Contre arguments
– Pas de points pour le championnat de ligue Bretagne.
– Risque de blessure.
Cet article vise surtout à montrer le paradoxe de pilotes lambda qui arrivent désormais en camping car/camion aménagé la veille avec une moto suréquipée, pour ne pas aller jusqu’au bout de la journée. J’ai l’impression qu’on m’a coupé la télé après la deuxième publicité ! Tant pis, pas de fin du film, les acteurs n’avaient pas envie. Aidez moi à comprendre !
Antoine Mortreau