A 21 ans, Jett Lawrence a déjà remporté tous les championnats américains qui comptent, souvent avec la manière. Il vient d’ajouter à son insolente collection de médailles le prestigieux Trophée Chamberlain du Motocross des Nations, un honneur qu’il a partagé avec son frère et Kyle Webster. A l’aube de sa deuxième saison seulement en SX US dans la catégorie reine, il est vu comme le grandissime favori à sa propre succession. Où s’arrêtera-t-il ? C’est bien là la question !
Pensais-tu gagner le championnat SX comme ça, du premier coup, sachant qu’historiquement, c’est toujours dur pour les rookies en SX 450 ? On sait que tu sortais d’une saison parfaite en MX, mais c’est quand même très différent.
J’avais confiance en moi. Je savais que j’avais de bonnes chances. Donc oui. Effectivement, j’avais déjà vaincu les autres pilotes en Outdoor et même si ce sont deux championnats différents, j’avais confiance dans ma capacité à les battre.
Qu’est-ce qui t’a le plus surpris pour ton arrivée dans la catégorie reine ?
Leur façon d’aborder la course. Je veux dire par là qu’en 450, les pilotes ont un plan d’attaque. Ils savent gérer une course, adopter une tactique, réfléchir à un endroit de la piste pour doubler, par exemple, là où les pilotes en 250 attaquent un peu partout, comme ça vient.
Les victoires, l’argent, la gloire… Tout cela est arrivé vite pour toi. Qu’est- ce que ça fait d’être Jett Lawrence aujourd’hui ?
Tout ça vient avec, c’est sûr. On a beaucoup plus d’argent qu’avant, clairement. Mais tout ça vient surtout du travail qu’on fait pour y arriver. C’est la récompense du boulot effectué. Je dirais qu’être Jett Lawrence, c’est beaucoup de travail et aussi beaucoup de pression. C’est plus de travail que ce à quoi je m’attendais. Je suis tiré de tous les côtés pour faire ceci ou cela, mais ça fait partie du boulot, j’imagine.
On a justement l’impression, vu de l’extérieur, que tu sembles insensible à la pression. Et chaque fois que tu t’alignes derrière une grille, tu es supposé gagner. Comment gères-tu cette situation ?
Ce n’est pas évident… Ça peut peser sur moi, c’est vrai. Mais je commence à y être habitué et je pense que ça vient naturellement, avec le fait d’avoir de plus en plus d’expérience. Au début, ce n’était vraiment pas facile à gérer. Au fur et à mesure, ça ne me déconcerte plus autant. J’ai connu ça avec mon premier titre en 250 : j’étais nerveux et tu veux tellement ne pas te rater que tu te rates encore plus. J’essayais de rester serein, mais j’étais tout excité, en fait. J’ai appris à gérer ces situations de mieux en mieux en y étant confronté plus souvent. Maintenant, j’adore ces situations où je dois absolument performer, comme cette année en SMX. Ça rend les courses plus excitantes et ça fait ressortir ce que j’ai de meilleur : que le terrain me plaise ou pas, que la moto soit parfaite ou pas, tu dois sortir le meilleur de ce que tu as là, maintenant, pour être le champion. En plus, il y avait Hunter, Chase et moi dans la course au titre, contrairement aux autres fois où je n’avais qu’un concurrent : soit Chase (Sexton) en 2023 pour l’Outdoor, soit Coop’ (Cooper Webb) en SX l’an dernier. Ça change la donne d’avoir plus d’un seul adversaire sur qui se concentrer. C’est difficile mentalement.
Retrouvez l’interview dans son intégralité dans les pages de Motocross By Mx2K numéro 16. Actuellement disponible en kiosque et sur notre boutique en ligne.

7.9 € TTC
