
C’était un Eli Tomac particulièrement énergique et détendu qui a répondu aux questions des journalistes en conférence de presse à Daytona. Avec cette huitième victoire, ET3 étend encore son règne sur la classique floridienne. Voici ce qu’il avait à dire :
Comment te sens-tu après cette course ?
Eli Tomac : J’ai le sentiment d’être vraiment monté en puissance pendant la soirée. Les essais se sont bien passés, mais je ne me sentais pas aussi bien que certaines fois. C’était correct, sans plus. En revanche, dès la heat, j’ai senti que le rythme était là. Je savais que je pouvais me battre devant. Le problème, c’est que ma position sur la grille n’était pas idéale et les ornières devant la grille étaient vraiment, vraiment mauvaises, probablement les pires que j’aie jamais vus. J’ai du faire des dépassements. Mais la bonne chose avec cette piste, c’est qu’il y avait beaucoup d’opportunités pour doubler. On pouvait essayer différentes trajectoires, changer de ligne, tenter des coups. C’était assez fou. La partie sable était large. Et bien sûr, la split lane offrait aussi de belles occasions de porter des attaques. C’est un peu comme ça que j’ai réussi à m’en sortir ce soir.
Tu comptes désormais huit victoires ici et douze podiums, avec trois constructeurs différents. Cette saison tu es sur la KTM. Rouler sur un châssis acier, c’est différent de ce que tu connaissais. Où la moto s’est-elle le plus distinguée dans ces conditions ?
Eli Tomac : Aujourd’hui, j’ai vraiment senti que la moto était très plantée dans le sable. Je me sentais vraiment bien dans cette section. La moto était stable et le comportement général me convenait bien. On utilisait aussi un pneu scoop, ce qui aide dans ces conditions. Mais globalement, le feeling était très bon. C’est un ressenti un peu différent de ce que j’avais auparavant, mais j’ai vraiment apprécié.
Les fans étaient incroyables ce soir, comme toujours ici. On entendait déjà les chants “one more year, one more year”. Comment te sens-tu par rapport à l’idée de continuer encore ?
Eli Tomac : Oui, j’entends ça. Mais pour l’instant je prends les choses comme elles viennent. L’horloge tourne forcément un peu, mais je me sens encore bien physiquement. Je ne sais pas, on verra. Je ne suis pas encore prêt à prendre une décision définitive.

Une question sur un passage précis de la piste. Après la ligne d’arrivée, il y avait un petit mur puis un kicker qui permettait de faire un triple. Tu semblais gagner beaucoup de temps là-dessus, surtout quand tu étais en tête. À quel point c’était difficile de réussir cette section à chaque tour ?
Eli Tomac : Cette ligne, je l’ai changée par rapport aux essais. Pendant les essais, je ne faisais pas le triple-double à cet endroit. Ensuite, en manche qualificative, j’ai vu un pilote 250 le tenter et je me suis dit : “OK, ça peut faire gagner du temps.” Après ça, certains pilotes ont commencé à l’utiliser et c’était une bonne option. J’ai aussi amélioré mon passage dans les whoops. En essais je n’étais pas très à l’aise, donc j’étais content d’avoir un meilleur rythme dans la finale. Mais oui, réussir le triple-double puis ressortir large dans le virage, c’était une bonne trajectoire.
Tu détiens maintenant la deuxième plus longue série de victoires sur ce circuit. Qu’est-ce que ça représente pour toi d’avoir un tel record sur une piste comme celle-ci ? Et qu’est-ce que ça fait d’être comparé à des légendes comme Richard Petty dans leur discipline ?
Eli Tomac : Franchement, je me considère chanceux d’avoir autant de succès ici. Avoir huit victoires ici, c’est même difficile à croire parfois. Je mesure ma chance. Cette piste semble vraiment me convenir. Peut-être que ça vient du sol, peut-être que ça reseemble à ce à quoi j’ai grandi en roulant… je ne sais pas exactement. Mais ici, j’ai l’impression de pouvoir ouvrir en grand et attaquer, envoyez du gaz dans ces appuis en sable.
On te compare parfois à des légendes d’autres disciplines qui dominent certains circuits, comme Richard Petty en NASCAR. Qu’est-ce que ça te fait ?
Eli Tomac : Il en a combien ? Sept ou huit ?
Sept.
Eli Tomac : Donc c’est cool de l’avoir battu ! Mais apparement, huit va avec une dent cassé. Je me suis pété une dent en soulevant le trophée. Je resemble à un bon plouc comme ça, donc j’essaye de ne pas trop sourire !
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