Après une saison 2024 compliquée marquée par des pépins de santé, Dylan Ferrandis se prépare pour un nouveau défi avec Honda. Entre remises en question, nouveaux entraînements et ambitions revues, le Français se livre sans filtre.
“Je n’ai jamais pu montrer mon vrai niveau”
Son passage chez Phoenix Honda devait marquer un nouveau départ. Mais une maladie persistante est venue tout gâcher :
“Cet hiver, j’ai attrapé un virus en plein Supercross. J’ai continué à rouler et à m’entraîner, mais ça s’est aggravé. J’ai traîné ça toute l’année et ça m’a ruiné la saison.”
Fatigué en permanence, Dylan Ferrandis a dû revoir ses habitudes :
“En Outdoor, je ne m’entraînais même plus entre les courses pour récupérer. Chaque fois que j’essayais d’accélérer la cadence, j’étais mort.”
Un constat amer, surtout pour un pilote qui met un point d’honneur à être au top physiquement :
“J’ai toujours été dans la quantité et l’intensité à l’entraînement. Là, je n’avais plus le choix, mon corps a dit stop.”
Un entraînement repensé : “Je voulais changer de cadre”
Dans cette dynamique de renouveau, Ferrandis a décidé de modifier son programme :
“Je ne roule plus chez les Lawrence, c’était trop loin et trop freestyle pour moi. Maintenant, je suis à Moto Sand Box, là où est Roczen. Mon team a un workshop juste à côté, c’est plus pratique pour bosser sur la moto.”
Autre nouveauté : un nouvel entraîneur, et pas des moindres, l’ancien champion Zach Osborne :
“Je n’étais pas trop chaud au début, on a toujours été rivaux, mais il m’a montré son programme et j’ai trouvé ça cool. Avec lui et son préparateur physique, je vais pouvoir mieux gérer mon effort et éviter de me cramer.”
À 30 ans, l’objectif est clair : optimiser chaque séance et ne plus gaspiller d’énergie inutilement.
Une Honda en progression, mais encore un défi
Si Dylan a toujours voulu rouler sur Honda, la transition ne s’est pas faite sans difficulté :
“Quand je me battais contre Roczen en 2021, je trouvais sa moto incroyable. Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas la Honda en elle-même, c’était la version factory HRC. La nôtre, avec peu de pièces d’usine, était bien plus limitée.”
Un vrai handicap, notamment en Supercross :
“En SX, le cadre était trop souple, la moto trop nerveuse à l’avant. Heureusement, HRC nous a filé quelques pièces et ça a changé pas mal de choses.”
Avec l’arrivée du nouveau modèle 2025, il est plus confiant :
“Cette moto est vraiment bien née. Elle intègre tout le développement fait par Gajser et les Lawrence ces dernières années. Elle est plus rigide, plus stable, et ça change tout.”
Des ambitions plus mesurées : “Aujourd’hui, je vise les podiums”
Après une année blanche en termes de résultats, Ferrandis se veut réaliste :
“C’était la pire saison de ma carrière. Sans entraînement, tu ne fais pas de miracles.”
Mais l’envie est toujours là :
“J’aime toujours m’entraîner dur, être compétitif. Mais je ne vais pas mentir, l’excitation n’est plus la même qu’avant.”
Dylan sait qu’en face, la relève est redoutable :
“Aujourd’hui, Chase Sexton et Jett Lawrence sont au-dessus du lot. Même nous, les pilotes, on le sait. Ils sont plus jeunes, plus explosifs. Moi, je peux me battre pour les podiums, mais pour la gagne, ce sera plus compliqué.”
Une approche lucide, mais qui ne l’empêche pas de rester motivé.
L’avenir : “Quand je ne pourrai plus viser le podium, j’arrêterai”
À 30 ans, Ferrandis commence à penser à l’après. Contrairement à certains pilotes qui prolongent leur carrière pour le chèque, il ne compte pas rouler pour faire de la figuration :
“L’argent, j’en ai gagné assez avec mes titres. Ce sport est trop dangereux pour continuer sans espoir de podium. Quand je sentirai que je n’ai plus le niveau, j’arrêterai.”
Et après ? Une reconversion en coach ?
“J’aimerais bien, mais je ne sais pas si je serais bon. J’ai tellement appris dans ma carrière que je pourrais sûrement transmettre plein de choses.”
Mais son vrai rêve est ailleurs :
“J’ai envie de tout plaquer et de faire le tour du monde en mode aventure. Toute ma vie, j’ai eu des contraintes, des entraînements, une discipline de fer. Après, je veux être libre.”
Et un retour en France ? Difficile à dire :
“On aimerait rentrer, mais le pays ne va pas dans la bonne direction. Aux USA, on a une liberté de vie exceptionnelle. Si ça empire en France, on hésitera à revenir.”
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