MXGP : Interview Jeffrey Herlings



Herlings en pleine confiance pour 2017

La rédaction, photos : KTM

MXGP : Interview Jeffrey Herlings

L’Australien Geoff Meyer de MXLarge.com a passé un coup de fil à Jeffrey Herlings. On vous traduit ce que raconte le flamboyant triple champion du Monde MX2 flamand qui fera son entrée dans la cour des grands du 450 en 2017.

 

Tu attends quoi de la RedBull Knock Out (une course d’endurance type Enduropale à laquelle le hollandais va participer le 19 novembre prochain)

« C’est une course importante pour RedBull qui souhaitait que j’y participe. En Hollande, c’est un gros événement et c’est une bonne occasion pour moi de me montrer. Il y a pas mal de médias. Et puis c’est une course de sable, donc je pense que ça se passera bien. »

L’année dernière, tu n’avais couvert qu’un tour de circuit ?

« C’est exact. Je revenais juste de ma blessure à la hanche. C’était la deuxième fois que je montais sur la moto et je n’avais fait qu’un tour pour RedBull et les réseaux sociaux. Ce ne sera pas le cas cette année. J’y participerai vraiment. J’en ai vraiment envie. Quand j’ai vu quelle course c’était, je me suis dit immédiatement que j’aimerais la faire : c’est long, on roule dans du gros sable, c’est comme une endurance. Il y a des pilotes professionnels, des amateurs, des gars qui ne roulent que quelques fois dans l’année, les niveaux sont très différents. Ça peut être dangereux, mais en même temps ce n’est qu’à moitié du motocross et à moitié de l’enduro. Ça serait bien de la gagner en tout cas. »

Comment tu t’y es préparé ?

« J’ai attaqué après la SMX Cup. J'ai enchainé des roulages de deux heures, parfois plus. Juste à vider mon réservoir, encore et toujours pour travailler mon endurance. »

La piste est particulière, avec une longue ligne droite. Elle fait combien de mètres ?

« Apparemment, dans les 2,5 kilomètres. On y prend dans les 180 kilomètres/heure d’après ce qu’on m’a dit. Je ne suis pas certain que ma moto officielle sera prête. Pour l’instant, je roule avec ma machine stock. » 

Ça ressemblera à quoi ?

« Ça sera effrayant. Vraiment effrayant. Avec tant de pilotes roulant à cette vitesse, si quelque chose se passe mal, alors tu passes un mauvais jour (sic). »

Passons au MXDN et à la SMX Cup. Au Motocross des Nations, tu étais l’homme du jour, alors qu’à la SMX, Tim Gasjer était le plus rapide, même si tu as montré être très rapide toi aussi en revenant pendant les manches et en gagnant la course finale. Est-ce que ça te motive pour l’année prochaine ce genre de performance ?

« Tout le monde attend ce moment depuis des années. Tout le monde attend que Herlings monte en 450 pour voir ce que ce qu’il peut y faire. Ça engendre beaucoup de pression, mais je suis super excité. Pas mal de gens prétendent qu’une fois que je serai monté en 450, ça ne sera plus la même. Qu’une 450 est trop dure. Il me tarde de leur prouver le contraire. Je ne dis pas que je vais gagner, je sais que ça ne sera pas facile parce que des gars comme Febvre, Gasjer, Cairoli sont au meilleur de leurs formes, mais après le Motocross des Nations pour lequel j’avais roulé trois ou quatre jours sur la 450, je me dis que ça va aller. J’y ai gagné ma qualification, la dernière manche, le général de ma catégorie avec un 2/1 et nous avons presque remporté la course par équipe. A la SMX Cup, j’ai vraiment eu pas mal de malchance. En première manche, on s’est touchés avec Febvre et nous sommes tombés. Je n’ai pu finir que cinquième. Dans la seconde, je signe le holeshot mais chute à nouveau et revient de la dernière à la cinquième place. Et enfin, lors de la troisième et dernière manche, je suis passé de la dixième à la première place. Ce qui me permet de penser que j’étais plus rapide que tout le monde. Maintenant, il nous reste encore pas mal de testing pour travailler la vitesse. Mais j’attends vraiment le Qatar avec impatience. Je pense que ça sera un bel événement et que l’année sera longue avec 20 GP programmés.

On dit la 450 plus dangereuse que la 250, mais je pense que pour toi, c’est l’inverse parce que tu dois dépasser tes limites et compenser ton "surpoids" avec le quart de litre. T’en penses quoi ?

« En pilotage pur, ça sera plus facile en effet. Evidemment, la compétition sera plus relevée mais d’un autre côté, avec mon poids, mes départs n’étaient pas toujours très bons en MX2. J’ai décroché quelques holeshots mais j’ai souvent du me battre de la 10e, ou la 5e place. Maintenant que je passe en MXGP, mon poids n’est plus un souci. Peser 67 kilos comme Cairoli, plutôt que 80, peut être un avantage, mais on est quand même plus solide avec un tel poids. En tout cas, c’est la régularité qui sera importante lors de cette prochaine saison. »

EN MXGP, la compétition est plus serrée. Est-ce que ça t’aidera à être plus fort mentalement, car plus concentré ? Et puis, si en MX2, tu ne visais que la gagne, en MXGP, une deuxième ou troisième place sera tout de même un résultat correct…

« Regarde Gajser. En milieu de saison, il gagnait tout et tout à coup, on a dit qu’il ne gagnait plus, qu’il roulait mal. Alors qu’en début de saison, on s’attendait à ce qu’il ne signe que des tops 5. Quand tu enchaînes les victoires, tu n’as d’autres choix que de gagner, sinon on dit que tu n’es plus en forme, que tu deviens mauvais. C’est ce qui s’est passé cette année lorsque je roulais pas super bien alors qu’un gars avait, lui, une bonne journée. Mais au final, j’ai remporté 14 GP et fini 2nd uniquement. Ce qui signifie que j’ai toujours été consistant. Maintenant ce n’est pas réaliste d’attendre ça en 2017. En MXGP, encore une fois, il y a tant de bons pilotes bien préparés.

Pas mal de gens disent qu’une fois que je serais monté en 450, ça ne sera plus la même. Qu’une 450 est trop dure. Il me tarde de leur prouver le contraire.

La difficulté, c’est d’être régulier, de ne pas prendre de risque et de gagner tout de même

« C’est dur, oui. Il y aura 4, 5 pilotes capables de gagner un GP. Febvre, Gasjer, Cairoli, moi… Maintenant, il y aura aussi des surprises. Rappelez-vous l’année où Villopoto est venu en Europe. Ça devait être entre lui et Cairoli. Et c’est Nagl qui avait dominé le début de saison »

J’ai interviewé Tonus et nous parlions des pilotes qui avaient été capable de se battre contre toi. Il avouait qu’à ce niveau, il est très difficile d’être aussi rapide tous les week-ends, ce que tu es.

« Arnaud est un bon pilote. Il a eu pas mal de malchance, entre les blessures et autres problèmes. Il est allé aux US, c’est l’un des plus talentueux du pack, je l’ai connu pendant longtemps. J’ai vu ce qu’il était capable de faire sur une moto. Alors quand il avoue cela, ça me fait plaisir. Et c’est totalement vrai. Si l’on regarde mes résultats lors des 4, 5 dernières années, on remarque que j’ai un bon pourcentage de succès. J’ai toujours été régulier et j’espère le rester. »

Depuis ton passage en 450, il semble que les gens aient changé d’avis sur toi. Les commentaires sont plus positifs.

« Les gens ont toujours quelque chose à dire à ton propos, surtout des trucs négatifs. C’est facile de rester assis devant ton ordinateur et d’écrire sur quelqu’un que tu n’as jamais rencontré. Je pense que tu ne devrais pas aller trop sur les forums. J’y vais de temps en temps, j’y lis des trucs positifs ou négatifs. Certains se laissent perturber par cela, j’essaye juste d’être plus fort. Ce que je lis, c’est que je ne suis pas numéro 1. J’ai seulement gagné le championnat MX2, sans avoir battu les pilotes US. C’est pour cela que cette année, lorsque j’ai roulé à Charlotte et Glen Helen, j’avais vraiment envie de leur prouver le contraire. Ce que j’ai fait en battant Webb dans une manche et Martin dans deux. »

Quel est ton programme d’ici le Qatar ?

« Evidemment, la RedBull Knock Out le 19 novembre. Après je prendrai quelques semaines de repos et je préparerai le Qatar. On va abattre du boulot et bouger nos culs jusqu’au Qatar. Je suis super motivé. C’est un nouvel objectif pour moi et je n’ai jamais eu autant de motivation pour gagner. »