SX US

Supercross US : Houston 1 vu du canapé

Article ajouté le 23/01/2021

Quel bonheur, le mot n'est pas trop fort, de retrouver nos gladiateurs des temps modernes derrière la grille du plus beau des championnats. Avec une affiche rarement égalée, les « gros poissons » du bocal ayant su rester en bonne santé pendant cette courte intersaison.



S'il paraissait facile sur le papier, le terrain, et surtout la nature du sol, ont causé bien des soucis aux pilotes. Des ornières, des trous, des transitions pourries, la plupart ont désigné le terrain comme « gnarly » dans les interviews d'après course, ce qu'on peut traduire par « épouvantable » selon google, mais plutôt « extrême, dangereux, excitant » en argot américain. Bref, pas évident. Sympa tout de même de voir un quadruple, après la ligne de départ, que seuls Justin Barcia et Ken Roczen ont eu les cojones d'envoyer. La ligne après les whoops était elle aussi intéressante avec plusieurs enchaînements possibles qui se tenaient en matière de chronos. Un terrain un peu plus difficile que d'habitude, donc, pour une ouverture, court qui plus est, ce qui a amené les pilotes à faire beaucoup de tours et donc à l'user jusqu'à la corde. Ça creuse plus qu'une sortie à la piscine, ces 4T !

Justin Barcia est véritablement l'homme des ouvertures, avec sa troisième victoire en trois ans. Quatre si l'on compte le coup de pub de Red Bull, qui paraît encore plus génial aujourd'hui. L'homme derrière tout ça est le directeur marketing du « motorsports » chez Red Bull Jeremy Malott, le même qui a inventé la Straight Rhythm. Y'a des types qui ont des idées... Mais revenons à notre BamBam. Holeshot, victoire en heat devant Roczen. Holeshot, victoire en finale devant Roczen. Le tout pour sa première sortie avec le team TLD/GASGAS. Malgré le peu de buzz cet hiver, on avait entendu le plus grand bien de JB51, « flying at the test track » selon les observateurs, mais réussir à confirmer avec la pression est une autre paire de manches. Barcia voulait depuis longtemps monter sur une KTM d'usine pour prouver sa valeur, force est de constater que cette moto lui va bien, même peinte en rouge. Le plus dur est à venir : rester régulier pour avoir une chance en fin de saison de décrocher la timbale. On n'y est pas, mais il a été superbe à H1 en tout cas. Avec ses départs retrouvés et la confiance engrangée, c'est peut-être finalement l'année Barcia. On a déjà vu encore plus bizarre...

Ken Roczen se balade depuis sa blessure avec un énorme point d'interrogation dans le dos. Parfois intouchable, parfois à la ramasse, le pilote HRC est dur à cerner. Cette fois, il a parfaitement réussi son ouverture et les débuts de la nouvelle Honda, tout en jouant la carte du long terme à coup sûr. Il a en effet eu deux fois clairement la possibilité de doubler Barcia, mais ça aurait voulu dire être agressif et aller au contact. Ce qui revient à dégoupiller une grenade et la garder dans sa poche quand il s'agit de Justin Barcia. Même l'accolade finale sur la bosse semblait vouloir indiquer une volonté un peu faux cul de peace and love de la part de Kenny, avec un type dont il a pourtant dit dans le passé « qu'il n'était pas l'ampoule la plus brillante de la pièce. » N'empêche, Kenny part bien, a l'air en osmose avec sa nouvelle machine et semble disposer d'autant de vitesse que de confiance. Une preuve ? Envoyer le quad après la ligne de départ à deux tours de la fin de la heat, quand on ne l'a pas tenter de la journée, il faut y croire !

Marvin Musquin aurait pu (dû?) gagner cette ouverture en restant devant Barcia dans le premier enchaînement. C'est la hot take du jour. D'abord déstabilisé par ce dépassement de BamBam, MM25 aurait pu sombrer, mais il s'est patiemment repris et a réussi à revenir sur le podium en s'offrant même un dépassement plein d'autorité sur Adam Cianciarulo. Franchement, du super boulot pour un pilote qui n'avait pas roulé en course en SX depuis 2019. De quoi engranger de la confiance et des points au moment où plusieurs gros clients ont perdu des plumes. Magnifique retour de Marvin !


Adam Cianciarulo a de son propre aveu eu une « des soirées les plus discrètes » de sa carrière. Pas dedans, il a néanmoins parfaitement négocié le programme en prenant une importante quatrième place en vue du championnat. Well done.

Pareil pour Malcolm Stewart, qui débute quand même parfaitement son championnat avec Yamaha. Cinquième sans gros whoops, sans un super départ, c'est du solide et de quoi construire.

Justin Brayton n'a plus 20 ans et pas envie de se blesser, certes, mais il reste un fucking pilote de SX... La preuve avec cette sixième place. « Première fois de ma carrière que je saute dans les whoops dès le premier tour de la finale. » a-t-il déclaré, lui qui est spécialiste du dribbling. J'adore JB10, son style et sa manière de se comporter. Un pro, un vrai. Notez que même s'il n'est plus Honda HRC, il n'a opposé que peu de résistance à Kenny.  :-)))

Enfin avons-nous pu assister au grand début de Dylan Ferrandis en 450 ! Franchement, sa heat a été un peu inquiétante. Les peu de temps d'antenne où on l'a vu, il a paru un poil rouillé/tendu, normal avec seulement six roulages en SX depuis sa blessure selon DV. Son départ très moyen en finale n'était pas très bon signe non plus, mais malgré tout il remonte à une bonne septième place. Preuve que le garçon est un guerrier qu'il ne faut jamais enterrer, et que ça va venir maintenant que la pression de l'ouverture est passée. Aller chercher son coéquipier Plessinger dans les derniers tours est une belle démonstration de volonté autant que de physique ! Ça va le faire.

 

CARAMEL ET CHOCOLAT

 

Seule satisfaction à sauver au-delà de cette septième place, Zach Osborne. Ça avait mal commencé au press day avec un caramel des familles à cause d'un souci mécanique, qui aurait pu très mal finir. Mais Zacho a pourtant redressé la barre en allant chercher avec une certaine facilité la victoire en heat. Tombé au premier virage de la finale, il remonte dixième en passant Eli Tomac en route. Pas la meilleure façon de commencer la saison, mais de quoi se donner quand même de la confiance. Zach vise clairement le championnat, et il pourrait bien avoir sauvegardé ses chances avec cette 10e place.

Dure entrée en matière pour Tomac, Webb et Anderson, les derniers champions en titre... Tomac n'a pas été bon en heat, puis a décidé de se frotter à Vince Friese (deux fois) en finale. Comment penser que c'est une bonne idée d'aller au contact avec un type deux fois moins rapide mais dingo complet dès les premiers tours de la finale ? Pour en plus lui coller un block-pass tellement pourave que les deux finissent à terre... Incompréhensible. Résultat, voici déjà notre #1 avec un beau déficit de points. Ceci dit, il peut très bien tous leur claquer le baigneur dès mardi, parce que, bah, c'est Eli Tomac, quand même...

Cooper Webb... Aucune idée. C'est peut-être son mécano qui a roulé, ou un pote à lui. « J'ai pris un mauvais départ et j'ai eu du mal à revenir », qu'il a dit le gars. Ouais, on a vu Coop', on a vu... Va-t-il avoir besoin d'une nouvelle soufflante de De Coster pour se réveiller ? Réponse dès mardi soir, parce que là, c'était pas le vrai sur la moto.

«J'ai eu mal aux bras. » Jason Anderson. Ah oui, ça s'est vu aussi. Septième à l'attaque, troisième meilleur chrono de la finale, et 15e à un tour au drapeau à damiers, JA21 a laissé tomber ses fans (MOI !) sur ce coup-là. On attend une revanche, et vite !

Dernière grosse déception avec Chase Sexton, 14e après avoir été pris dans l'énorme chute de Martin Davalos (qui s'en sort miraculeusement, d'ailleurs!). Bon, déjà, quand on tombe deux fois dans le tour de chauffe, c'est mal barré. Chase a quand même réalisé le meilleur temps aux chronos, preuve que ça va le faire. Là, ça n'a juste pas voulu, mais rien d'alarmant. De toute façon, le titre ne semble pas à portée de main cette saison...

En parlant de rookie, Brandon Hartranft a eu le meilleur accueil possible dans la catégorie en holeshotant sa heat... et en se trouvant hors de la qualification en moins de deux tours ! Bienvenue chez les grands ! Et oui, ça ne rigole pas le SX à ce niveau-là. Il a heureusement décroché sa place en finale au LCQ, en se faisant quand même déposé par ce vieux renard de Chisholm, qui a repris l'entraînement SX il y a deux semaines. Bravo à Adam Enticknap et Alex Ray, qui ont su profité de l'absence de Justin Bogle (blessé aux essais) et de la contre-performance de Benny Bloss pour s'offrir une place en finale. Pas une mince affaire avec ce plateau !

DROGUE VISUELLE


Chez les 250, quel festival de Christian Craig ! OK, il a 29 ans, deux enfants et pourrait presque être le père de certains de ses adversaires, mais quand il roule comme ça, c'est quand même de la drogue visuelle, comme dirait La Sotizerie. Meilleur temps chrono, victoire facile en heat malgré une chute... Cinq ans après sa seule victoire, il s'en offre donc une nouvelle, mais celle-ci sonne comme un avertissement. Craig dispose maintenant de la meilleure machine, n'est plus dans le team de beau-papa et donc doit se sortir les doigts pour performer, ce qu'il fait avec l'aide du champion olympique de BMX Connor Fields, qui l'aide mentalement. Parce que son seul problème a toujours été là : entre les deux oreilles. Le reste, il l'a !

Austin Forkner n'as pas défrayé la chronique aux essais, mais le gars est un combattant ! Bonne heat, bonne finale, il a montré qu'il reste le favori de la catégorie, en attendant de voir quelle ligne CC va adopter... Après deux saisons où il est passé près, 2021 sera-t-elle l'année Forkner ?

Colt Nichols a été discrètement bon. Lui aussi peut penser titre, car il est à la fois rapide et régulier. À suivre.

Troisième sans faire de bruit l'an dernier sur la côte est, Jo Shimoda, désormais Kawasaki Pro Circuit, commence une nouvelle fois discrètement mais sûrement cette saison 2021. Une valeur sûre, mine de rien.

RJ Hampshire est rapide et volontaire, mais il fait quand même peur à voir évoluer. Blessé au doigt après le block-pass appuyé de Craig en heat (sept points de suture quand même), il faisait une finale pleine de volonté quand il s'y est mis tout seul comme un grand, laissant échapper un possible podium.

Très à l'aise au press day, Jett Lawrence a eu plus de mal le jour de la course. Le jeune a semble-t-il manqué de vitesse et a commis une erreur dans les derniers tours qui lui coûte quelques points précieux. À revoir sans le stress de l'ouverture.

Michael Mosiman a lui aussi gâché une belle occasion en se prenant un retardataire dans les dernières minutes de la finale. Le pilote GASGAS est un prétendant au podium avec un bon départ. 


Neuvième de sa première finale SX, Max Vohland a montré de belles dispositions, mais rien de plus. Le pilote KTM a un contrat de trois ans pour apprendre, laissons lui du temps !

Pour conclure, le LCQ 250 a encore offert quelques beaux moments de n'importe quoi, avec notamment un double accrochage dans le virage après l'arrivée. Allez voir, ça vaut le coup d’œil !

Allez, on remet les compteurs à zéro dès mardi soir pour Houston 2. Yeah, c'est parti !

Par Richard Angot. 

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